UMOA : Société Générale CI reste leader, la BNI s’impose au 2e rang
Le paysage bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) s’est sensiblement recomposé en 2025. Si Société Générale Côte d’Ivoire conserve sa position de première banque de l’Union par le total bilan, la forte progression de la Banque nationale d’investissement (BNI) bouleverse le podium. La banque ivoirienne passe de la quatrième à la deuxième place, tandis que la Banque internationale pour l’industrie et le commerce du Bénin (BIIC) signe une entrée remarquée dans le top 10.
Le secteur bancaire de l’UMOA continue de changer d’échelle. Selon les données du rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’UMOA, le total bilan des établissements de crédit de l’Union s’est établi à 82 298,8 milliards de FCFA à fin décembre 2025, contre 72 068,3 milliards un an auparavant. Le système bancaire régional affiche ainsi une croissance de 14,1 % sur un an.
Cette dynamique profite particulièrement à plusieurs banques à capitaux ou à forte implantation régionale, avec une domination persistante des établissements opérant en Côte d’Ivoire.
Société Générale Côte d’Ivoire conserve les commandes
Avec 3 783,4 milliards de FCFA de total bilan, Société Générale Côte d’Ivoire conserve en 2025 la première place du classement régional.
Filiale ivoirienne du groupe bancaire français Société Générale, l’établissement reste ainsi la principale banque de l’UMOA selon cet indicateur, malgré la progression rapide de ses concurrents.
La véritable surprise du classement vient toutefois de la deuxième position.
La BNI Côte d’Ivoire réalise la plus forte remontée du podium
La Banque nationale d’investissement (BNI) Côte d’Ivoire, banque publique ivoirienne, réalise l’une des performances les plus marquantes de l’exercice.
Son total bilan passe de 2 359,5 milliards de FCFA en 2024 à 3 210,3 milliards en 2025, soit une progression de 36,1 %.
Cette accélération permet à la BNI de gagner deux places et de passer directement de la quatrième à la deuxième position.
Lire aussi : Côte d’Ivoire : classement des banques en 2025
Elle dépasse ainsi deux acteurs majeurs du paysage bancaire ouest-africain : NSIA Banque Côte d’Ivoire et Coris Bank International.
Cette progression est d’autant plus significative qu’elle intervient dans un marché où les premières places sont traditionnellement occupées par de grands groupes bancaires internationaux ou des établissements régionaux en forte expansion.
NSIA Banque et Coris Bank perdent une place malgré la croissance
La montée de la BNI ne signifie pas pour autant un recul de l’activité de ses concurrents.
NSIA Banque Côte d’Ivoire, filiale du groupe panafricain NSIA, conserve une activité en croissance. Son total bilan atteint 3 076,1 milliards de FCFA, contre 2 532,8 milliards en 2024.
L’établissement recule néanmoins de la deuxième à la troisième place, uniquement en raison de la progression plus rapide de la BNI.
Même scénario pour Coris Bank International, groupe bancaire originaire du Burkina Faso et aujourd’hui présent dans plusieurs pays de l’espace ouest-africain. Son total bilan progresse de 11,1 %, pour atteindre 2 807,6 milliards de FCFA.
La banque passe toutefois de la troisième à la quatrième position.
Lire aussi : Burkina Faso : classement des plus grandes banques en 2025
Le classement rappelle ainsi une réalité importante : perdre une place ne signifie pas nécessairement perdre du terrain sur le marché. Dans le cas de Coris et de NSIA, leurs bilans progressent, mais moins rapidement que celui de la BNI.
Banque Atlantique et Ecobank restent dans le peloton de tête
À la cinquième place, Banque Atlantique Côte d’Ivoire affiche un total bilan de 2 418,7 milliards de FCFA, en progression de 5,6 %.
L’établissement appartient au groupe panafricain Atlantic Group, dont les activités bancaires couvrent plusieurs marchés de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale.
Ecobank Côte d’Ivoire, filiale du groupe panafricain Ecobank Transnational Incorporated, conserve quant à elle la sixième place. Son bilan reste quasiment stable, à 2 048,2 milliards de FCFA, contre 2 047,4 milliards en 2024.
La Banque malienne de solidarité (BMS) complète le groupe des sept premières banques. L’établissement malien affiche toutefois une progression beaucoup plus soutenue, avec un total bilan de 2 035,9 milliards de FCFA, en hausse de 18,9 %.
Lire aussi : Mali : classement des plus grandes banques
La BIIC, nouvelle venue dans le top 10
L’autre mouvement notable du classement est réalisé par la Banque internationale pour l’industrie et le commerce du Bénin (BIIC).
La banque béninoise porte son total bilan à 1 886,8 milliards de FCFA, contre environ 1 512 milliards en 2024, soit une progression de 24,8 %.
Cette performance lui permet de gagner quatre places et d’atteindre le huitième rang de l’UMOA.
La BIIC s’installe ainsi parmi les principaux établissements bancaires de l’Union et confirme la montée en puissance du secteur bancaire béninois.
Son arrivée dans le top 10 se fait notamment au détriment de Société Générale Sénégal, qui sort du groupe des dix premières banques régionales.
Lire aussi : Bénin : classement des plus grandes banques en 2025
La SIB et CBAO complètent le top 10
La Société ivoirienne de Banque (SIB) occupe désormais la neuvième position avec un total bilan de 1 881,7 milliards de FCFA, en progression de 11,7 %.
Filiale du groupe marocain Attijariwafa bank, la SIB confirme ainsi la présence importante des groupes bancaires marocains dans l’espace UMOA.
La CBAO Groupe Attijariwafa bank, également contrôlée par Attijariwafa bank, complète le top 10 avec un total bilan de 1 791 milliards de FCFA, contre 1 632,4 milliards en 2024.
La Côte d’Ivoire concentre six des dix premières banques
Au-delà des changements de positions, le classement 2025 confirme surtout le poids considérable de la Côte d’Ivoire dans le système bancaire de l’UMOA.
Six des dix premières banques de l’Union sont implantées en Côte d’Ivoire, dont les trois premières du classement : Société Générale Côte d’Ivoire, BNI Côte d’Ivoire et NSIA Banque Côte d’Ivoire.
À elles seules, ces trois banques cumulent 10 069,9 milliards de FCFA de total bilan.
La présence ivoirienne dans le haut du classement illustre le poids économique et financier de la première économie de l’UEMOA, mais aussi l’attractivité de son marché bancaire pour les groupes régionaux et internationaux.
Le classement fait également apparaître la diversité des origines des principaux acteurs : groupes français, marocains et panafricains côtoient des banques à capitaux ivoiriens, burkinabè, béninois ou maliens.
Cette diversité traduit la profondeur croissante du marché bancaire ouest-africain et l’intensification de la concurrence entre établissements nationaux, régionaux et filiales de grands groupes internationaux.
Les dix premières banques pèsent plus de 24 900 milliards de FCFA
Les dix premières banques de l’UMOA totalisent un bilan de 24 939,9 milliards de FCFA en 2025, contre 22 009,6 milliards en 2024.
Leur activité a donc progressé de 13,3 % sur un an.
Leur poids relatif dans l’ensemble du système bancaire s’est toutefois légèrement contracté. Elles représentent désormais 30,3 % du total bilan des établissements de crédit de l’Union, contre 30,5 % en 2024.
Cela signifie que la croissance du secteur ne profite pas uniquement aux plus grands établissements : les banques situées en dehors du top 10 progressent elles aussi, contribuant à une diversification progressive du paysage bancaire régional.
Une hiérarchie appelée à continuer d’évoluer
Le classement 2025 de l’UMOA livre finalement deux enseignements majeurs.
Le premier est la solidité du leadership de Société Générale Côte d’Ivoire, qui conserve la première place avec un bilan de 3 783,4 milliards de FCFA.
Le second est la redistribution des cartes derrière le leader. La BNI Côte d’Ivoire réalise une percée spectaculaire et s’installe à la deuxième place, tandis que la BIIC confirme sa montée en puissance en intégrant le top 10.
Dans le même temps, les performances de Coris Bank International, de la BMS ou encore de la BIIC montrent que la compétition ne se joue plus uniquement entre les grandes filiales de groupes internationaux.
À mesure que les banques régionales renforcent leurs réseaux, leurs fonds propres et leurs capacités de financement, le classement bancaire de l’UMOA devrait continuer à évoluer. L’enjeu, pour ces établissements, sera désormais de transformer cette croissance des bilans en gains durables de parts de marché, de financement de l’économie et de rentabilité.







