Le gouvernement nigérien a officialisé, le 30 novembre 2025, la mise en vente sur le marché international de l’uranium extrait par la Somaïr. Cette société minière, autrefois contrôlée majoritairement par le groupe français Orano, a été nationalisée en juin 2025, marquant un tournant stratégique pour la gestion des ressources du pays.
Pendant plusieurs décennies, l’exploitation de l’uranium au Niger a reposé sur un partenariat dominé par Orano. Mais les autorités de Niamey ont engagé un bras de fer avec le groupe français, visant à reprendre la maîtrise complète de cette ressource vitale. La nouvelle orientation affichée consiste désormais à diversifier les partenaires, parmi lesquels l’Iran ou encore la Russie, qui a déjà manifesté son intérêt en juillet 2025.
S’exprimant sur la télévision publique Télé Sahel, le général Abdourahamane Tiani a souligné que « le Niger, digne, met sur le marché international sa propre production ». Il a insisté sur le droit du pays à contrôler ses richesses naturelles et à les vendre librement à tout acteur intéressé, dans le respect des règles commerciales internationales.
La rupture avec Orano s’est amorcée dès décembre 2024, lorsque le groupe a perdu le contrôle opérationnel de ses trois filiales nigériennes : la Somaïr, la Cominak — fermée depuis 2021 — et le gigantesque gisement d’Imouraren. Ce dernier constitue l’un des plus importants réservoirs d’uranium au monde, avec des réserves estimées à près de 200 000 tonnes. Niamey avait déjà retiré à Orano son permis d’exploitation, prélude à la nationalisation actée quelques mois plus tard.
Le Niger, qui représente environ 4,7 % de la production mondiale d’uranium naturel selon les données 2021 de l’Agence d’approvisionnement d’Euratom (ESA), entend ainsi reprendre la main sur un secteur stratégique pour son économie comme pour sa souveraineté.








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