Unitel, l’opĂ©rateur de tĂ©lĂ©phonie mobile angolais, a rĂ©cemment remportĂ© une victoire judiciaire significative en obtenant le maintien du gel des avoirs financiers d’Isabel dos Santos, femme d’affaires angolaise et ancienne milliardaire d’Afrique. Le 30 septembre 2024, la Haute Cour de Londres a rejetĂ© l’appel d’Isabel dos Santos, qui tentait d’annuler le gel de 580 millions de livres (environ 774 millions de dollars) instaurĂ© par Unitel en dĂ©cembre 2023.
Contexte judiciaire complexe
Cette dĂ©cision s’inscrit dans un contexte de longue bataille juridique entre Isabel dos Santos et Unitel. FondĂ©e il y a 27 ans par Isabel, la sociĂ©tĂ© a portĂ© plainte en justice londonienne en 2020, cherchant Ă rĂ©cupĂ©rer des prĂŞts totalisant 323 millions d’euros (environ 359 millions de dollars) et 43 millions de dollars accordĂ©s Ă Unitel International Holdings B.V. (UIH), une sociĂ©tĂ© de portefeuille dont elle Ă©tait Ă©galement propriĂ©taire. Ces prĂŞts avaient Ă©tĂ© contractĂ©s entre 2012 et 2013, mais le remboursement a Ă©tĂ© interrompu quelques mois après sa dĂ©mission du poste de PDG de la sociĂ©tĂ©.
Voir aussi : Unitel obtient à Londres le gel d’actifs d’une valeur de 735 millions $ appartenant à Isabel dos Santos
Conséquences pour Isabel dos Santos
Le gel des avoirs d’Isabel dos Santos reprĂ©sente une nouvelle contrainte dans sa lutte pour rĂ©cupĂ©rer ses biens. InstallĂ©e Ă DubaĂŻ, elle a vu sa fortune et son statut se dĂ©grader depuis que son père, JosĂ© Eduardo dos Santos, a quittĂ© la prĂ©sidence en 2017. Isabel dos Santos a Ă©tĂ© limogĂ©e de son poste Ă la tĂŞte de Sonangol, la compagnie pĂ©trolière nationale, par le nouveau prĂ©sident angolais, JoĂŁo Lourenço.
En mars 2018, une enquête a été ouverte contre elle pour détournement de fonds, entraînant une série de batailles judiciaires qui ont conduit à la confiscation de plusieurs de ses actifs.
Unitel sous contrĂ´le d’État
Actuellement, Unitel est dĂ©tenue Ă 100 % par l’État angolais, après la nationalisation de la sociĂ©tĂ© en 2022. Ce changement a impliquĂ© la dissolution des participations de 25 % de Vidatel, dĂ©tenues par Isabel dos Santos, et de 25 % de Geni, contrĂ´lĂ©es par le gĂ©nĂ©ral Leopoldino Fragoso do Nascimento.
Conclusion
La dĂ©cision de la Haute Cour de Londres souligne la complexitĂ© du paysage judiciaire et Ă©conomique en Angola, surtout pour Isabel dos Santos, dont le parcours illustre les dĂ©fis auxquels sont confrontĂ©s les entrepreneurs dans un contexte politique et Ă©conomique turbulent. Alors que l’État angolais continue de s’affirmer dans le secteur des tĂ©lĂ©communications, l’avenir d’Isabel dos Santos demeure incertain, symbolisant les bouleversements qui ont suivi le changement de rĂ©gime en Angola.







