L’Union africaine (UA) s’apprête à élire son nouveau président de la Commission lors de son sommet annuel prévu les 15 et 16 février 2025 à Addis-Abeba. Trois candidats issus de l’Afrique de l’Est sont en compétition pour succéder au Tchadien Moussa Faki Mahamat, à un moment clé marqué par des tensions régionales, notamment en République démocratique du Congo (RDC).
Raila Odinga, le favori de la course
Le Kényan Raila Odinga, figure emblématique de l’opposition dans son pays, est considéré comme le favori de cette élection. Soutenu par de nombreux chefs d’État africains, dont le président William Ruto, il a mené une campagne active pour décrocher ce poste stratégique. Cependant, son âge avancé, 80 ans, pourrait jouer en sa défaveur. Bien qu’il ait affirmé vouloir se consacrer pleinement à l’Union africaine, il n’a pas totalement fermé la porte à une nouvelle candidature à la présidence du Kenya en 2027.
Ancien prisonnier politique, Raila Odinga a passé près de huit ans en détention entre 1982 et 1991 sous le régime du parti unique. Après un exil en Norvège, il a fait son retour sur la scène politique et a été élu député en 1992 lors des premières élections multipartites du Kenya.
Mahamoud Ali Youssouf, le diplomate expérimenté
Ministre des Affaires étrangères de Djibouti depuis 2005, Mahamoud Ali Youssouf, 59 ans, est un diplomate chevronné. Proche du président Ismaïl Omar Guelleh, il a mené une campagne discrète, mettant en avant son expérience diplomatique et sa capacité à maintenir l’équilibre politique dans des contextes sensibles.
Polyglotte maîtrisant le français, l’anglais et l’arabe, il a récemment souligné les problèmes de gouvernance rencontrés par plusieurs pays africains, notamment ceux touchés par des coups d’État ces dernières années.
Richard Randriamandrato, le candidat surprise
L’ancien ministre des Affaires étrangères de Madagascar, Richard Randriamandrato, 55 ans, s’est présenté à la dernière minute en août 2024. Son parcours inclut un passage au ministère des Finances, où il a acquis une solide expérience en gestion économique.
En octobre 2022, il a été limogé après avoir voté en faveur d’une résolution de l’ONU condamnant l’annexion de territoires ukrainiens par la Russie, un acte qui a suscité des tensions au sein du gouvernement malgache.
Une élection clé pour l’avenir de l’UA
Ce scrutin intervient à un moment crucial pour l’Union africaine, alors que l’organisation doit gérer des défis géopolitiques majeurs sur le continent. La désignation du prochain président de la Commission influencera la direction politique et économique de l’UA, ainsi que ses relations internationales.
Avec trois profils distincts en compétition, le vote des chefs d’État africains lors du sommet du 15 et 16 février déterminera l’orientation future de l’Union africaine et son rôle dans la gestion des crises qui secouent le continent.











































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