Le 23 septembre 2025, la Côte d’Ivoire a confirmé son statut d’émetteur de référence sur le marché régional en réussissant sa cinquième émission de Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 91 jours. L’opération, d’un montant de 40 milliards FCFA, a été intégralement souscrite avec un taux de couverture exceptionnel de 203,8 %, soit 81,55 milliards de FCFA de soumissions.
Une stratégie de financement disciplinée
Cette levée s’inscrit dans la politique de financement domestique de l’État, visant à diversifier ses sources de liquidités et à optimiser le coût de sa dette. Le choix d’une maturité courte (91 jours) permet à la fois de répondre aux besoins ponctuels de trésorerie et d’offrir aux investisseurs un placement attractif, sûr et liquide.
Si l’opération a suscité un fort engouement, l’État a retenu seulement 49,05 % des propositions, illustrant une sélectivité rigoureuse afin de bénéficier de conditions de taux optimales et de préserver la soutenabilité de la dette.
Des conditions de taux en nette amélioration
Le taux moyen pondéré ressort à 5,84 %, en recul de 53 points de base par rapport à la précédente émission de mars 2025 (6,38 %). Cette baisse reflète la confiance croissante des investisseurs dans la signature ivoirienne.
À titre de comparaison, le Bénin a placé ses titres à 5 % en septembre 2025. La Côte d’Ivoire reste compétitive malgré une prime de risque spécifique, traduisant la solidité de ses fondamentaux économiques et une trajectoire de croissance soutenue.
Un profil de risque maîtrisé
Au 19 septembre 2025, la courbe des taux ivoiriens affichait une pente ascendante de 5,5 % à court terme jusqu’à environ 7,5 % sur le long terme. Le rendement de 5,8493 % obtenu lors de cette adjudication s’inscrit parfaitement dans cette tendance, confirmant un pricing aligné au marché et une perception de risque souverain maîtrisée.
Une participation dominée par les acteurs domestiques
L’analyse de la répartition géographique montre une nette prédominance des investisseurs ivoiriens, représentant 93,6 % des soumissions (76,35 milliards FCFA), dont 37,8 milliards retenus. À l’international, le Bénin (2,1 milliards retenus) et le Burkina Faso (100 millions retenus) ont également participé, témoignant de l’intégration financière régionale et de l’attractivité transfrontalière des titres ivoiriens.
Des perspectives consolidées
Avec cette opération, la Côte d’Ivoire confirme sa capacité à mobiliser rapidement des financements dans des conditions favorables. La baisse continue des taux démontre un regain de confiance des investisseurs et un profil de risque mieux maîtrisé.
Face à un service de la dette de 109,87 milliards FCFA attendu en septembre 2025, le pays dispose désormais d’une plus grande marge de manœuvre pour honorer ses engagements tout en poursuivant sa stratégie de diversification des maturités.
La Côte d’Ivoire consolide ainsi son rôle de référence sur le marché régional des titres publics.










































