UEMOA : le réseau de paiements instantanés PI-SPI s’élargit à 104 établissements
Le déploiement du système de paiements instantanés de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) franchit une nouvelle étape. Au 31 juillet 2026, la BCEAO recensait 104 établissements autorisés à ouvrir leurs services au public sur la plateforme PI-SPI, contre 80 participants connectés quelques semaines auparavant.
Cette progression traduit l’accélération de l’intégration des acteurs financiers au sein de cette infrastructure régionale, destinée à faciliter les paiements instantanés entre différents établissements de l’espace UEMOA.
PI-SPI : 104 établissements désormais autorisés
Lancée le 30 septembre 2025, la Plateforme interopérable du Système de paiement instantané (PI-SPI) permet aux utilisateurs d’effectuer des paiements instantanés entre différents établissements financiers de l’UEMOA.
La BCEAO présente cette infrastructure comme un outil visant à rendre les paiements plus rapides, plus accessibles et plus sécurisés, tout en favorisant l’interopérabilité des services financiers à l’échelle régionale.
Au 24 juin 2026, la banque centrale indiquait que 80 participants étaient connectés à la plateforme, tandis que 74 autres institutions procédaient encore à des tests en conditions réelles avant l’ouverture de leurs services au public.
Un peu plus d’un mois plus tard, la liste publiée par la BCEAO fait apparaître 104 établissements autorisés, soit une progression de 24 établissements par rapport à la situation communiquée fin juin.
Répartition des établissements par pays
Le Sénégal et la Côte d’Ivoire concentrent ainsi près de la moitié des établissements recensés, avec respectivement 24 et 23 participants.
Ils sont suivis du Mali (14), du Burkina Faso (13) et du Bénin (11). Le Togo compte 9 établissements, tandis que la Guinée-Bissau et le Niger en comptent chacun 5.
Lire aussi : BCEAO : nouveau délai pour la connexion à PI-SPI UEMOA
Banques, fintechs et institutions de microfinance dans le réseau
Le dispositif PI-SPI ne repose pas uniquement sur les banques. Le réseau rassemble plusieurs catégories d’acteurs financiers, notamment des banques, établissements de monnaie électronique, établissements de paiement et institutions de microfinance.
En Côte d’Ivoire, la liste comprend notamment AFG Bank, BNI, BOA, Bridge Bank, Coris Bank, Ecobank, NSIA Banque, Orange Bank Africa, Société Générale Côte d’Ivoire et UBA. Des acteurs de la monnaie électronique tels que MTN, Orange Money et Baobab figurent également parmi les participants.
Cette diversité doit permettre à PI-SPI de dépasser les limites des réseaux de paiement propres à chaque établissement et de favoriser une circulation plus fluide des paiements entre différents acteurs.
La BCEAO repousse les échéances d’intégration
L’élargissement du réseau intervient alors que la BCEAO a décidé de repousser les délais d’intégration à PI-SPI.
Dans un communiqué publié le 25 juin, la banque centrale a fixé au 30 septembre 2026 la nouvelle échéance applicable aux banques, aux établissements de monnaie électronique et aux établissements de paiement.
Pour les institutions de microfinance placées sous la supervision de la Commission bancaire de l’UMOA, l’échéance a été repoussée au 30 juin 2027.
Cette prolongation doit permettre aux établissements concernés d’achever leur intégration dans de bonnes conditions et de garantir une qualité de service conforme aux exigences techniques de la plateforme.
Un réseau déjà utilisé par des millions de personnes
Le développement de PI-SPI s’accompagne déjà d’une activité significative. Les données communiquées par la BCEAO font état de 30 millions de personnes connectées, pour environ 1 million de transactions représentant près de 110 milliards de FCFA de valeur.
Ces chiffres témoignent de l’adoption progressive de cette infrastructure régionale depuis son lancement.
L’objectif de la BCEAO est de permettre aux particuliers comme aux entreprises d’effectuer des paiements instantanés entre différents établissements financiers, sans être limités au réseau d’un seul opérateur.
PI-SPI, un levier pour l’inclusion financière dans l’UEMOA
Au-delà de la rapidité des transactions, la mise en place de PI-SPI répond à un enjeu plus large de modernisation des infrastructures de paiement et d’inclusion financière.
En réunissant progressivement banques, établissements de monnaie électronique, établissements de paiement et institutions de microfinance autour d’une même infrastructure interopérable, la BCEAO cherche à renforcer l’intégration des services financiers dans les huit pays de l’UEMOA.
Avec 104 établissements désormais autorisés au 31 juillet 2026, le déploiement de PI-SPI entre ainsi dans une nouvelle phase. La prochaine échéance du 30 septembre 2026 constituera une étape importante pour mesurer l’avancement de l’intégration des établissements encore en cours de raccordement.







