Une nouvelle hausse des carburants à la pompe
Les automobilistes togolais devront composer avec une nouvelle hausse des prix des produits pétroliers. À compter de ce vendredi 11 septembre 2026, le gouvernement applique une nouvelle grille tarifaire, conformément à un arrêté interministériel.
Le super sans plomb passe ainsi de 725 à 817 FCFA le litre, soit une augmentation de 92 FCFA, équivalant à 12,7 %.
Les autres produits sont également concernés. Le gas-oil est désormais vendu à 766 FCFA le litre, contre 750 FCFA auparavant. Le mélange deux-temps atteint 896 FCFA, contre 811 FCFA. Quant au pétrole lampant, son prix passe de 1 040 à 1 056 FCFA le litre.
Cette nouvelle révision intervient un peu plus de trois mois après celle du 27 mai 2026, qui avait déjà fait passer le super de 680 à 725 FCFA et le gas-oil de 695 à 750 FCFA.
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Le choc pétrolier lié au détroit d’Ormuz pèse sur les prix
Cette décision intervient dans un contexte de forte tension sur le marché international du pétrole. Après avoir franchi la barre des 100 dollars le baril en septembre, le Brent s’établissait autour de 106 dollars jeudi 10 septembre, sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et des risques pesant sur les principales routes maritimes du Golfe et de la mer Rouge.
Au cœur des inquiétudes figure le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Depuis le début du conflit en février, le cours du Brent serait passé d’environ 70 dollars le baril à un pic de 126 dollars en mars.
Cette situation exerce une pression sur les coûts d’approvisionnement des pays importateurs de produits pétroliers, avec des répercussions potentielles sur le transport et les prix des marchandises.
Des tensions également perceptibles dans l’UEMOA
La pression sur les carburants dépasse le seul cas togolais. Dans l’UEMOA, l’évolution récente des prix de l’énergie commence également à se refléter dans l’inflation.
Selon les données de la BCEAO, l’inflation est passée de 0,4 % au deuxième trimestre à 1,2 % en juillet, puis à 1,7 % en août 2026. Cette accélération est notamment associée à la progression des coûts du transport consécutive aux ajustements des prix des carburants intervenus dans sept des huit pays de l’Union.
La banque centrale met par ailleurs en évidence les risques associés au choc pétrolier et aux perturbations autour du détroit d’Ormuz. Une prolongation des tensions pourrait notamment renchérir les coûts du transport, du fret et de certains produits alimentaires importés.
Une marge budgétaire de plus en plus étroite
Pour le Togo, la nouvelle hausse intervient également dans un contexte de contraintes croissantes sur les finances publiques. La subvention aux produits pétroliers inscrite au budget 2026 a été ramenée à 14,2 milliards de FCFA, contre près de 25 milliards de FCFA en 2025.
La réduction de cette enveloppe limite la capacité de l’État à absorber durablement les variations des cours internationaux du pétrole sans les répercuter sur les prix à la pompe.
Le risque d’une nouvelle pression sur l’inflation
Le relèvement des prix intervient alors que certains signaux inflationnistes commencent déjà à se renforcer au Togo.
En juillet, l’inflation moyenne annuelle s’est établie à 0,3 %, tandis que les prix de l’énergie progressaient de 10,2 % sur un an. Les prix du transport augmentaient pour leur part de 5,3 % sur la même période. Sur les trois mois précédents, la hausse des prix du transport atteignait 4,1 %.
La nouvelle augmentation du super et du mélange deux-temps pourrait donc accentuer la pression sur les coûts de déplacement, mais aussi sur le transport des marchandises.
L’enjeu est particulièrement important pour les ménages, l’alimentation représentant 28 % du panier de consommation. Une hausse durable des coûts de transport peut en effet se transmettre progressivement aux prix des produits alimentaires et d’autres biens de consommation.
Au-delà de l’impact immédiat sur les automobilistes, l’évolution des prix à la pompe sera donc un indicateur à suivre dans les prochains mois, notamment si les tensions sur le marché pétrolier international persistent.







