Togo : le Conseil national de la comptabilité devient opérationnel
Le Togo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa gouvernance financière avec l’entrée en activité du Conseil national de la comptabilité (CNC-Togo). Officiellement lancé à Lomé en fin de semaine dernière, le nouvel organe doit contribuer à améliorer la qualité de l’information comptable et à renforcer la transparence du système financier national.
Présidé par Elanyo Emegnimo, le CNC-Togo a pour principale mission de créer les conditions nécessaires à la production d’une information comptable fiable, pertinente, comparable et conforme aux normes internationales. Il devra également promouvoir les bonnes pratiques comptables auprès des entreprises, des administrations publiques et des professionnels du secteur.
Un nouvel instrument pour renforcer la gouvernance financière
La création du CNC-Togo intervient dans le cadre des nouvelles orientations affichées par les autorités togolaises en matière de gouvernance économique et financière.
Le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, estime que l’évolution des ambitions du pays doit également s’accompagner d’une transformation des méthodes de gestion.
« Si la République change, la méthode de gouvernance doit changer aussi », a-t-il déclaré, en mettant notamment l’accent sur la clarté des engagements, la redevabilité et la responsabilité partagée.
Dans cette perspective, le Conseil national de la comptabilité doit contribuer à renforcer la culture de l’évaluation et à faire de la mesure de la performance un élément central de la gestion publique comme privée.
Pour le ministre, l’amélioration de l’information financière doit également favoriser un environnement économique plus transparent, plus attractif et plus performant.
La qualité des données au cœur de la confiance
Au-delà de la normalisation comptable, le CNC-Togo est appelé à jouer un rôle important dans la confiance accordée aux acteurs économiques.
Des informations financières fiables et comparables permettent en effet aux investisseurs, aux banques et aux partenaires économiques de mieux apprécier la situation financière et les performances des entreprises.
Le président du CNC-Togo, Elanyo Emegnimo, a ainsi souligné que la qualité de l’information comptable constitue désormais une condition essentielle de la confiance des investisseurs, des institutions financières, des partenaires économiques et des citoyens.
L’enjeu est également important pour les petites et moyennes entreprises. Le Conseil pourra contribuer à faciliter l’accès à la documentation spécialisée, à clarifier l’application des normes et à diffuser les bonnes pratiques comptables auprès des entreprises qui disposent de moyens plus limités.
Un cadre de dialogue entre les acteurs
Le CNC-Togo réunit plusieurs catégories de parties prenantes, notamment des représentants de l’administration publique, de la profession comptable, du secteur privé et du monde universitaire.
Cette composition doit permettre d’instaurer un cadre de dialogue autour des questions liées à l’information financière et aux normes comptables. Elle pourrait également faciliter l’identification des difficultés rencontrées par les entreprises et les professionnels dans l’application des règles comptables.
Pour les autorités, cette approche doit contribuer à améliorer progressivement la qualité des données financières disponibles et, par conséquent, la capacité des acteurs économiques à prendre des décisions sur la base d’informations plus fiables.
Le Togo s’aligne sur les exigences de l’UEMOA
La mise en place du CNC-Togo s’inscrit enfin dans le processus d’harmonisation comptable engagé au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Une directive communautaire adoptée en 1997 prévoyait notamment l’instauration, dans chaque État membre, d’un Conseil national de la comptabilité placé sous la tutelle du ministre chargé des Finances.
Avec l’entrée en fonction du CNC-Togo, le pays dispose désormais d’un organe appelé à participer aux travaux de normalisation comptable et à promouvoir une meilleure qualité de l’information financière.
À terme, l’objectif est de renforcer la transparence de la gestion économique, d’améliorer la comparabilité des données financières et de consolider la confiance des investisseurs. Le véritable enjeu sera désormais de traduire les missions du Conseil en pratiques concrètes et en une amélioration mesurable de la qualité de l’information comptable au Togo.







