Soudan : la BAD et l’UNICEF mobilisent 54,8 millions de dollars pour l’eau potable à Port-Soudan
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), en partenariat avec l’UNICEF, renforce sa réponse à la crise humanitaire au Soudan avec un investissement de 54,8 millions de dollars destiné à restaurer l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement à Port-Soudan. Cette initiative vise à répondre à une situation devenue critique dans une ville confrontée à un afflux massif de populations déplacées par le conflit.
Une crise de l’eau aggravée par les déplacements de populations
À Port-Soudan, les infrastructures hydrauliques existantes peinent à répondre à la demande croissante. Selon les données du projet, l’approvisionnement actuel ne couvre même pas 40 % des besoins de la population.
L’arrivée de milliers de familles déplacées a accentué la pression sur les réseaux d’eau et d’assainissement, exposant les populations, en particulier les enfants, à un risque accru de maladies hydriques et d’épidémies.
Face à cette situation, le projet d’urgence pour l’eau et l’assainissement, lancé le 9 juin 2026, ambitionne de rétablir des services essentiels tout en renforçant la résilience des communautés affectées.
Lire aussi : Soudan : la BAD et le PAM lancent le projet BOOST agricole
Près de 750 000 bénéficiaires ciblés
Financé par le Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe de la BAD, et mis en œuvre par l’UNICEF, le programme permettra à près de 750 000 personnes d’accéder à une eau potable de meilleure qualité.
Parmi les bénéficiaires figurent environ 600 000 habitants de Port-Soudan, dont plus d’un tiers sont des personnes déplacées à l’intérieur du pays.
Le projet prévoit également l’amélioration des services d’assainissement pour près de 200 000 personnes et étendra son intervention à plusieurs localités vulnérables touchées par le conflit dans les régions du Kordofan du Nord et du Sud.
Réhabilitation des infrastructures et renforcement des services
L’UNICEF assurera la mise en œuvre opérationnelle du programme à travers plusieurs actions prioritaires :
- la réhabilitation des principales infrastructures d’approvisionnement en eau ;
- la remise en état des canalisations et réseaux de distribution endommagés ;
- l’extension des services d’assainissement dans les communautés, écoles et centres de santé ;
- la promotion de bonnes pratiques d’hygiène afin de prévenir les maladies ;
- le renforcement des capacités des autorités locales chargées de la gestion de l’eau ;
- l’amélioration de l’accès aux services pour les populations les plus vulnérables, notamment les enfants et les personnes déplacées.
Protéger les enfants face aux risques sanitaires
Pour l’UNICEF, l’accès à l’eau potable demeure une priorité absolue dans un contexte où les enfants sont les premières victimes de l’effondrement des services de base.
« Les enfants soudanais paient le prix le plus lourd de cette crise. Lorsque les réseaux d’approvisionnement en eau tombent en panne, les enfants sont les premiers à en souffrir », a déclaré Sheldon Yett, représentant de l’UNICEF au Soudan.
Selon lui, l’absence d’eau potable accroît les risques de maladies, compromet la fréquentation scolaire et expose davantage les enfants à diverses formes de vulnérabilité.
Une réponse durable face aux défis climatiques
Au-delà de l’urgence humanitaire, le projet entend apporter des solutions pérennes adaptées aux défis climatiques et aux besoins futurs des populations.
Pour David Muthusi Mutuku, responsable pays du Groupe de la Banque africaine de développement pour le Soudan, cette intervention combine des mesures immédiates et des investissements structurants.
« En combinant des actions d’urgence et des investissements à long terme, nous apportons des solutions durables et résilientes face au changement climatique afin de garantir un accès fiable à l’eau salubre », a-t-il souligné.
À travers ce financement de 54,8 millions de dollars, la Banque africaine de développement et l’UNICEF entendent ainsi contribuer à réduire les risques sanitaires, renforcer la résilience des communautés et améliorer durablement les conditions de vie de centaines de milliers de personnes touchées par la crise au Soudan.







