Un rendez-vous stratégique dans un contexte de boom extractif
La Salon International des Ressources Extractives et de l’Énergie (SIREXE) revient du 18 au 22 novembre 2026 à Abidjan, dans un contexte de transformation rapide du secteur extractif en Côte d’Ivoire.
Après une première édition marquée par plus de 6 milliards d’euros de signatures, ce salon biennal devra confirmer la dynamique d’un secteur en pleine mutation, porté par les performances du pétrole, de l’or et des minéraux critiques.
Une montée en puissance spectaculaire du secteur
En une décennie, la Côte d’Ivoire a profondément changé de dimension. Longtemps centrée sur l’agriculture, elle s’impose désormais comme un acteur majeur des industries extractives en Afrique.
La production d’or est passée de 12,4 tonnes en 2011 à plus de 59 tonnes en 2024, tandis que celle de manganèse dépasse désormais le million de tonnes. Parallèlement, près de 10 000 milliards FCFA ont été investis dans les secteurs minier et pétrolier depuis 2014.
Le pétrole ivoirien change la donne
La découverte du gisement Baleine marque un tournant majeur. Exploité par Eni, ce champ pétrolier a permis d’atteindre une production de 60 000 barils par jour et 70 millions de pieds cubes de gaz en 2024.
Les réserves sont estimées à 2,5 milliards de barils, avec un objectif de production fixé à 200 000 barils par jour d’ici 2028. Depuis 2021, 19 contrats de partage de production ont été signés, tandis que 13 autres sont en cours de négociation.
Pour accompagner cette montée en puissance, le gouvernement prévoit un plan directeur logistique de 9 420 milliards FCFA, destiné à renforcer ports, pipelines et capacités de transformation.
Un potentiel minier encore largement inexploité
Sur le segment minier, la dynamique est également soutenue. La production aurifère devrait atteindre 62 tonnes en 2025, avec de nouveaux projets structurants en préparation.
Le projet Koné, porté par Montage Gold, prévoit un investissement de 610 millions d’euros pour des réserves estimées à 155 tonnes d’or. D’autres gisements, notamment à Tanda et Kani, devraient entrer en production à l’horizon 2027-2028.
Au-delà de l’or, le pays dispose de ressources considérables : 260 millions de tonnes de nickel, plus d’un milliard de tonnes de bauxite et près de quatre milliards de tonnes de fer, avec 88 % du sous-sol encore inexploré.
Lire aussi : SIREXE 2024 : la nouvelle vitrine des partenariats Nord-Sud et Sud-Sud en Afrique
Un salon tourné vers l’exécution des projets
Le thème de cette deuxième édition — « Industries extractives et énergétiques : quelles infrastructures pour soutenir le développement économique en Afrique ? » — marque un changement de cap.
Il ne s’agit plus seulement de définir des stratégies, mais de financer et concrétiser les projets. Les discussions porteront notamment sur les infrastructures critiques : ports minéraliers, corridors logistiques et capacités de raffinage local.
Pour Téné Birahima Ouattara, le SIREXE s’inscrit dans la vision de faire des ressources extractives le second pilier du développement du pays, aux côtés de l’agriculture.
Le Botswana, modèle de transformation locale
Le Botswana est le pays invité d’honneur de cette édition. Représenté par la ministre Bogolo Joy Kenewendo, il incarne un modèle de valorisation locale des ressources minières.
Les autorités ivoiriennes souhaitent s’inspirer de cette expérience pour transformer leurs ressources en levier de développement durable. Un protocole d’accord dans les domaines minier et énergétique devrait être signé entre les deux pays à cette occasion.
Un test de crédibilité pour l’édition 2026
Au-delà des chiffres attendus — 320 exposants, 50 pays et 30 délégations ministérielles —, l’enjeu principal sera la concrétisation des engagements pris lors de la première édition.
Des initiatives comme les accords de vente de gaz ou la création d’un fonds d’investissement minier seront scrutées par les investisseurs, désormais davantage tournés vers l’exécution que vers les annonces.
Une ambition affirmée : devenir la “Norvège africaine”
Le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly a clairement affiché l’ambition du pays : faire de la Côte d’Ivoire la « Norvège de l’Afrique ».
Un objectif ambitieux qui repose désormais sur la capacité du pays à transformer ses ressources naturelles en richesse durable, dans un contexte où le compte à rebours pour la réussite du SIREXE 2026 est déjà lancé.








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