La Direction générale des impôts et domaines (DGID) du Sénégal a annoncé, le 20 novembre, le déblocage des comptes bancaires des entreprises de presse. Cette décision met fin à une période de cinq mois marquée par des tensions entre l’administration fiscale et les médias privés.
Le déblocage a été confirmé par Abdoulaye Diagne, directeur général de la DGID, et relayé par Mamadou Ibra Kane, président du syndicat des professionnels de la presse. Selon ce dernier, les médias encore en difficulté sont invités à se signaler auprès des autorités compétentes.
Ce geste intervient après une longue période de blocage des comptes, imposée en raison de retenues d’impôts prélevés sur les salaires des travailleurs mais non reversés à l’État.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Fayé, les entreprises de presse ont dû faire face à des pressions fiscales accrues. La décision du nouveau gouvernement de ne pas appliquer l’exonération fiscale de 40 millions FCFA, signée par l’ancien président Macky Sall, a aggravé la situation.
Parmi les médias touchés figuraient des groupes influents comme SEN TV, 7TV, ainsi que des radios comme Waifadji et la Radio étudiante Sénégal. Ce blocage a plongé de nombreux acteurs médiatiques dans une crise financière sévère, menant même à des grèves prolongées.
Le déblocage des comptes est perçu comme une bouffée d’oxygène pour les entreprises de presse, leur offrant une opportunité de se relever. Cependant, des défis subsistent, notamment la nécessité d’un dialogue constructif entre le secteur médiatique et les autorités fiscales.
Mamadou Ibra Kane a exhorté à une meilleure compréhension du rôle des médias et des réalités économiques spécifiques au secteur, soulignant que le régime fiscal appliqué uniformément pourrait nuire à certains acteurs.
Le déblocage des comptes bancaires des entreprises de presse constitue une avancée notable dans la résolution de la crise entre l’administration fiscale et les médias. Si cette mesure offre un répit, elle met également en lumière la nécessité d’une réforme plus profonde des relations entre le fisc et les entreprises de presse au Sénégal.







