Sénégal : des antennes satellites pour connecter gratuitement 1 million de personnes dès 2026
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de connectivité universelle. À l’occasion de son message à la Nation, le 31 décembre 2025, le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé le déploiement d’antennes satellitaires à partir de 2026, un programme ambitieux visant à offrir un accès gratuit à Internet à près d’un million de personnes, en priorité dans les zones rurales et les quartiers périphériques mal desservis.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte paradoxal. Selon l’Association mondiale des opérateurs mobiles (GSMA), le pays bénéficie déjà d’une couverture 4G quasi généralisée, atteignant 97 % de la population, tandis que la 5G couvre environ 39 %, essentiellement dans les grandes agglomérations. Pourtant, sur une population estimée à 18 millions d’habitants, seuls 8,16 millions utilisent effectivement l’internet mobile haut débit, soit à peine 42 % de la population totale. Un écart révélateur d’une fracture numérique persistante, notamment en milieu rural.
Le satellite comme solution aux limites des réseaux terrestres
Le recours aux antennes satellitaires répond à une contrainte structurelle : l’extension du réseau de fibre optique sur l’ensemble du territoire demeure coûteuse et chronophage. Les nouvelles générations de satellites en orbite basse offrent, en revanche, une alternative plus rapide à déployer, capable de couvrir des zones enclavées ou faiblement rentables pour les opérateurs traditionnels.
Si les autorités n’ont pas encore précisé les modalités exactes d’usage — accès public via des points communautaires, services pour les écoles et centres de santé ou connexion individuelle — l’objectif affiché est clair : réduire durablement les inégalités d’accès au numérique.
Un levier majeur pour l’éducation et la santé
Dans le secteur éducatif, l’impact potentiel est considérable. L’accès gratuit à Internet peut faciliter l’enseignement à distance, l’utilisation de ressources pédagogiques numériques et l’accès aux bibliothèques en ligne, en particulier pour les élèves et étudiants éloignés des centres urbains et universitaires.
Sur le plan sanitaire, la connectivité ouvre la voie à une montée en puissance de la télémédecine. Télé-expertise entre postes de santé et hôpitaux, transmission rapide de dossiers médicaux, suivi des patients chroniques ou encore formation continue du personnel soignant figurent parmi les usages attendus, notamment dans les zones isolées.
Accélérateur d’inclusion économique et administrative
L’accès gratuit à Internet constitue également un levier économique. Pour les micro-entrepreneurs et les agriculteurs, il facilite l’accès aux marchés, aux paiements numériques, à l’information sur les prix et aux outils de promotion en ligne. Pour l’administration, il renforce la dématérialisation des services publics : état civil, démarches sociales, fiscalité, communication de proximité.
En misant sur les antennes satellitaires, le Sénégal cherche ainsi à dépasser la simple logique de couverture réseau pour s’attaquer à l’usage réel du numérique. Un pari stratégique qui, s’il est correctement mis en œuvre, pourrait transformer durablement l’accès aux services essentiels et rapprocher le pays de son objectif de connectivité universelle à l’horizon 2030.









































