En quelques semaines, le Sénégal a intensifié ses efforts pour maximiser ses recettes fiscales, ciblant notamment les multinationales opérant sur son sol. Parmi les plus notables, les filiales du groupe turc Summa, Limak et Summa Sénégal, concessionnaires de l’AIBD (Aéroport International Blaise Diagne), sont actuellement sous pression pour régler des arriérés fiscaux s’élevant à 24 milliards FCFA.
Ces mesures drastiques s’inscrivent dans une campagne plus large visant à optimiser les recettes fiscales, soulignée par la récente saisie d’équipements lourds par l’administration fiscale, allant des camions aux pelles hydrauliques et mécaniques. Cette opération fait suite à un redressement fiscal de l’entreprise française Eiffage Génie Civil Marine, confrontée à une taxe ajustée de 17,6 milliards FCFA pour des impôts impayés.
La fermeté du fisc s’observe également dans le secteur des médias, avec le blocage récent des comptes de plusieurs groupes de presse, dont la chaîne nationale RTS et le média privé Walfadjiri, pour une dette fiscale globale de 40 milliards FCFA. Cette démarche marque une rupture claire avec les politiques précédentes qui, sous l’administration de l’ancien président Macky Sall, avaient vu certaines dettes de presse annulées.
Le nouveau président Bassirou Diomaye Faye, ancien inspecteur des Impôts et Domaines, s’est engagé à assurer une répartition équitable de la charge fiscale. En abordant la question de la fiscalité lors d’une récente conférence de presse, il a affirmé sa volonté de garantir que tous s’acquittent de leurs responsabilités fiscales, en mettant l’accent sur le fait que la collecte des impôts et leur bonne gestion sont cruciales pour financer des domaines vitaux tels que l’emploi des jeunes, les infrastructures et l’éducation.
Ces initiatives de recouvrement fiscal rigoureux signalent une nouvelle ère de gouvernance économique au Sénégal, où l’optimisation des recettes est prioritaire pour soutenir le développement national.







