Sénégal : le FMI et les autorités s’accordent sur un programme de 2,2 milliards de dollars
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI). Les services du Fonds et les autorités sénégalaises sont parvenus, le 1er septembre 2026, à un accord au niveau des services susceptible de soutenir un nouveau programme de réformes économiques et financières sur la période 2026-2029.
Le futur programme, qui serait conclu dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), porterait sur une durée de 36 mois et représenterait environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 537,1 millions de DTS, équivalant à 475 % de la quote-part du Sénégal au FMI.
Cet accord n’est toutefois pas encore définitif. Il reste soumis à l’approbation de la direction et du Conseil d’administration du FMI. Le Sénégal devra également mettre en œuvre des mesures correctrices liées au précédent cas de communication d’informations erronées et obtenir les assurances de financement nécessaires auprès de ses partenaires.
Restaurer la stabilité des finances publiques
Le nouveau programme vise en priorité à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, tout en réduisant les vulnérabilités budgétaires et extérieures du pays.
La stratégie présentée par les autorités repose notamment sur une meilleure mobilisation des recettes intérieures et une rationalisation des dépenses publiques. Le gouvernement entend parallèlement préserver les dépenses sociales et renforcer les mécanismes de protection destinés aux ménages les plus vulnérables, notamment à travers des transferts monétaires ciblés.
Le FMI souligne également la volonté des autorités sénégalaises d’améliorer la gouvernance budgétaire. Celle-ci passera notamment par une gestion renforcée de la dette publique, un meilleur suivi des arriérés intérieurs et une surveillance accrue des entreprises publiques.
Autre réforme annoncée : l’adoption, en 2027, d’une stratégie de recettes à moyen terme, destinée à accroître durablement les ressources mobilisées par l’État et à dégager des marges de manœuvre pour financer les priorités nationales.
Lire aussi : Sénégal : le FMI revient à Dakar, l’accord se rapproche
Le Sénégal devra aussi traiter la question de la dette
La situation de la dette demeure au cœur du nouveau programme. Les autorités sénégalaises ont annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette afin de rétablir sa viabilité.
Cette démarche s’inscrit dans le contexte des vulnérabilités budgétaires révélées par les problèmes antérieurs de communication d’informations financières. Le FMI estime que des actions supplémentaires seront nécessaires pour résoudre ces difficultés et renforcer les mécanismes de contrôle afin d’éviter qu’une situation similaire ne se reproduise.
L’approbation définitive du programme dépendra ainsi non seulement des procédures internes du Fonds, mais aussi de la mise en œuvre de mesures correctrices par Dakar.
Une économie portée par le pétrole, mais encore sous pression
Malgré les déséquilibres budgétaires, l’économie sénégalaise a fait preuve de résilience. Selon le FMI, le PIB a progressé de 6,7 % en 2025, notamment grâce à la première année complète de production pétrolière.
Cette performance masque cependant un ralentissement marqué de l’économie hors hydrocarbures. La croissance du PIB hors pétrole et gaz n’a atteint que 2,2 % en 2025.
La dynamique s’est toutefois améliorée au premier trimestre 2026, avec une progression de 4,7 % en glissement annuel du PIB hors hydrocarbures, soutenue principalement par la vigueur de la consommation privée.
L’inflation demeure, pour sa part, relativement maîtrisée, avec un taux de 1,4 % en 2025, selon les données communiquées par le FMI.
Le secteur privé au cœur de la stratégie de croissance
Au-delà de l’assainissement budgétaire, le nouveau programme doit contribuer à créer les conditions d’une croissance davantage tirée par le secteur privé.
Les autorités prévoient ainsi des réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires et renforcer l’inclusion financière. L’objectif est de favoriser l’investissement privé et de soutenir une croissance plus durable et inclusive.
Le programme devrait également contribuer à mobiliser des financements supplémentaires auprès de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et d’autres partenaires au développement.
L’enjeu dépasse donc le seul financement du FMI : il s’agit pour le Sénégal de restaurer la crédibilité de ses finances publiques, d’améliorer la transparence budgétaire et de créer les conditions d’un financement plus soutenable de son développement.
Une étape importante, mais encore conditionnelle
L’accord conclu entre Dakar et les services du FMI constitue une étape importante vers la mise en place d’un nouveau programme financier. Mais son approbation reste conditionnée à plusieurs engagements.
Le Sénégal devra notamment poursuivre les mesures visant à corriger les problèmes de déclaration financière, renforcer ses garde-fous institutionnels et obtenir les assurances de financement nécessaires de ses partenaires.
La prochaine étape sera donc l’examen du programme par les instances dirigeantes du FMI. Si celui-ci est approuvé, le nouvel accord de 2,2 milliards de dollars constituera un cadre majeur pour accompagner le Sénégal dans son objectif de restauration de la soutenabilité budgétaire, de réduction des vulnérabilités et de relance d’une croissance portée par le secteur privé.








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