Un rebond des exportations porté par les ressources naturelles
Le Sénégal enregistre une amélioration notable de ses performances commerciales au mois de février 2026. Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, les exportations se sont établies à 453,1 milliards de FCFA, contre 412,6 milliards FCFA en janvier, soit une hausse de 9,8 %.
Cette progression est principalement tirée par la bonne tenue de plusieurs produits stratégiques :
• l’or non monétaire, en forte hausse
• les huiles brutes de pétrole
• le gaz naturel liquéfié
Ces performances confirment le rôle croissant des ressources extractives dans la dynamique exportatrice du pays.
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Des freins persistants sur certains produits clés
Malgré cette hausse globale, certains segments ont pesé sur la performance des exportations. C’est notamment le cas :
• des produits pétroliers raffinés, en recul significatif
• des phosphates, dont les expéditions ont également diminué
Ces contre-performances limitent l’ampleur du rebond et traduisent une certaine volatilité des exportations sénégalaises.
Une tendance annuelle toujours en repli
En glissement annuel, la situation reste toutefois moins favorable. Comparées à février 2025, les exportations accusent une baisse marquée de 23,4 %.
Sur les deux premiers mois de l’année, le cumul des exportations atteint 865,8 milliards de FCFA, contre 974,5 milliards FCFA un an plus tôt, soit une contraction de 11,2 %. Une évolution qui souligne les défis persistants liés à la compétitivité et à la diversification de l’économie.
Des importations en baisse, reflet d’un ajustement de la demande
Du côté des importations, la tendance est orientée à la baisse. Elles s’établissent à 513,2 milliards de FCFA en février 2026, contre 524,8 milliards FCFA en janvier, soit un recul de 2,2 %.
Cette diminution s’explique principalement par la baisse des achats de :
• produits pétroliers raffinés
• métaux communs
• riz
• véhicules terrestres
Cette évolution peut traduire un ralentissement de la demande intérieure ou un ajustement des besoins en approvisionnement.
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Des hausses ciblées qui atténuent la baisse
Toutefois, certaines catégories d’importations sont en nette progression, limitant la contraction globale. Il s’agit notamment :
• des huiles brutes de pétrole
• des matériels de transport
• des camions et camionnettes
Ces hausses reflètent des besoins spécifiques liés à l’investissement et à l’activité économique.
Une amélioration relative du déficit commercial
Sur un an, les importations progressent légèrement de 1,1 % en février. Mais en cumul annuel, elles reculent fortement de 20,6 %, s’établissant à 1 038,1 milliards de FCFA contre 1 307,4 milliards FCFA à la même période en 2025.
Cette double évolution – hausse des exportations sur un mois et baisse des importations – pourrait contribuer à une amélioration progressive du solde commercial du Sénégal.
Un équilibre encore fragile
Si les chiffres de février traduisent un signal positif à court terme, la tendance annuelle rappelle que l’économie sénégalaise reste confrontée à des défis structurels, notamment en matière de diversification des exportations et de réduction de la dépendance aux importations.
Dans un contexte africain marqué par la volatilité des marchés des matières premières, la consolidation de ces gains passera par une montée en gamme de la production locale et une transformation plus poussée des ressources naturelles.







