Une transition énergétique ambitieuse pour São Tomé-et-Príncipe
Le Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé un don de 24,5 millions de dollars en faveur de São Tomé-et-Príncipe, dans le cadre d’un investissement global de 30 millions de dollars destiné à transformer le secteur énergétique de cet État insulaire. L’objectif est clair : accélérer la transition vers des sources d’énergie propres et réduire la dépendance au diesel, coûteux et polluant.
Un projet structurant pour l’électrification du pays
Le Projet pour la transition, l’efficacité et l’expansion énergétiques (ETREEP) constitue la pierre angulaire du Pacte énergétique national. Il vise à atteindre l’électrification universelle et à porter à 50 % la part des énergies renouvelables d’ici 2030
Sa mise en œuvre, prévue entre mai 2026 et novembre 2031, devrait bénéficier à plus de 200 000 habitants, tout en améliorant durablement l’accès à une énergie fiable et abordable.
Un système énergétique encore fragile
Actuellement, près de 95 % de la production d’électricité du pays repose sur des combustibles fossiles importés, avec un coût de production parmi les plus élevés du continent (0,30 dollar/kWh). Cette dépendance entraîne des coupures quotidiennes de courant, impactant les services essentiels comme les hôpitaux, les écoles et les entreprises.
À cela s’ajoutent des pertes techniques et commerciales importantes, représentant plus de 34 % de l’électricité produite.
Des investissements concrets dans les énergies renouvelables
Le projet ETREEP repose sur plusieurs actions structurantes :
• L’installation de 1 000 lampadaires LED pour améliorer l’éclairage public et réduire la consommation énergétique
• La construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 4 MWc avec un système de stockage de 2 MWh sur l’île de Principe
• La modernisation des réseaux électriques basse tension
• Le renforcement du centre national de dispatching pour mieux intégrer les énergies renouvelables
Ces investissements permettront notamment à l’île de Principe de devenir un modèle d’autonomie énergétique basée sur les énergies propres.
Amélioration de l’accès et réduction des pertes
Le projet prévoit également l’installation de plus de 40 000 compteurs d’électricité prépayés, facilitant l’accès à l’énergie tout en améliorant la gestion commerciale du réseau.
Grâce à ces mesures, les pertes non techniques devraient passer de 34 % à 20 %, tandis que les taux de facturation et de recouvrement devraient atteindre 80 %, contre environ 50 % actuellement.
Un impact social et économique significatif
Au total, près de 50 000 foyers bénéficieront directement du projet, avec la création de 2 000 nouveaux raccordements électriques.
L’initiative aura également un impact notable sur l’emploi et les compétences :
• Formation de 200 jeunes aux métiers de l’énergie solaire et de la maintenance électrique
• Création d’emplois directs dans le secteur énergétique
• Amélioration des conditions de vie, notamment pour les femmes, grâce à un meilleur accès à l’électricité
Un partenariat pour un avenir énergétique durable
Le financement est assuré en grande partie par le Fonds africain de développement, avec un appui complémentaire attendu de partenaires internationaux, tandis que l’État apporte un soutien en nature.
Pour les responsables du projet, cette initiative dépasse la simple infrastructure énergétique. Elle incarne une vision : celle d’un développement durable et inclusif, capable d’offrir à même les petits États insulaires un accès à une énergie moderne, fiable et respectueuse de l’environnement.







