RDC-Russie : Félix Tshisekedi plaide pour un partenariat renforcé autour de la sécurité et de l’économie
Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a appelé à approfondir le partenariat entre l’Afrique et la Russie, en mettant l’accent sur la sécurité, le développement économique et la place du continent dans la gouvernance mondiale. Lors du 3e Sommet Russie-Afrique à Moscou, le chef de l’État congolais a également défendu la diversification des partenariats internationaux et sollicité le soutien de Moscou aux efforts visant à rétablir une paix durable dans l’est de son pays.
La diversification des partenariats au service de la souveraineté
Pour Félix Tshisekedi, le renforcement des relations entre la RDC et ses partenaires internationaux doit permettre au pays de préserver son autonomie stratégique et sa liberté de décision.
« Pour nous, diversifier nos partenariats n’est pas choisir un camp : c’est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a déclaré le président congolais.
Cette approche traduit la volonté de Kinshasa de multiplier ses relations diplomatiques et économiques sans s’inscrire dans une logique d’alignement exclusif sur une puissance étrangère.
Dans cette perspective, la coopération avec la Russie pourrait concerner plusieurs secteurs stratégiques, notamment les infrastructures, l’énergie, l’industrie minière et la sécurité alimentaire. Pour la RDC, l’enjeu est de convertir les relations internationales en investissements, en capacités de production et en retombées économiques pour la population.
L’est de la RDC au cœur des préoccupations sécuritaires
La situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo a occupé une place importante dans l’intervention présidentielle.
Félix Tshisekedi a dénoncé l’exploitation illégale des ressources naturelles, qu’il considère comme un facteur contribuant à la persistance des violences armées. Il a réaffirmé la détermination de son gouvernement à protéger les populations, à parvenir à une paix durable et à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Le président congolais a également sollicité le soutien de Moscou à la mise en œuvre des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi qu’aux efforts de médiation conduits dans le cadre des processus de Washington et de Doha.
Cette démarche vise à mobiliser davantage de soutien diplomatique en faveur des initiatives de paix. Sa concrétisation dépendra toutefois de la coordination entre les acteurs concernés, du respect des engagements pris et de l’évolution de la situation sur le terrain.
Pour Kinshasa, la stabilisation de l’est du pays représente un enjeu humain, politique et économique majeur. L’insécurité affecte les populations, perturbe les activités productives et complique la valorisation des ressources naturelles au bénéfice de l’économie nationale.
Transformation locale des minerais : un enjeu économique majeur
Au-delà des questions sécuritaires, Félix Tshisekedi a identifié plusieurs secteurs prioritaires pour renforcer la coopération avec la Russie et les autres partenaires internationaux.
La création d’emplois, le développement énergétique, les infrastructures, la transformation locale des minerais et la sécurité alimentaire figurent parmi les axes évoqués.
La transformation locale des ressources minières constitue un enjeu particulier pour la RDC, dont le potentiel minéral représente un levier important de développement économique. L’objectif est de dépasser la seule extraction des matières premières en développant davantage d’activités industrielles sur le territoire national.
Une telle orientation peut favoriser la création d’emplois, le transfert de compétences, la diversification de l’économie et l’augmentation de la valeur ajoutée produite localement.
Cependant, la réalisation de ces ambitions suppose des investissements conséquents, un approvisionnement énergétique fiable, des infrastructures adaptées et un environnement réglementaire suffisamment prévisible pour les opérateurs économiques.
La coopération internationale pourrait contribuer à répondre à certains de ces besoins, notamment par le financement de projets, le transfert de technologies et le développement de partenariats industriels. Les bénéfices dépendront des accords effectivement conclus et de leur mise en œuvre.
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La réforme du Conseil de sécurité de l’ONU réclamée
Le président congolais a également défendu une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies afin de garantir une représentation plus équitable de l’Afrique dans les instances internationales de décision.
Cette revendication s’inscrit dans un débat ancien sur la place du continent dans l’architecture de gouvernance mondiale. Les pays africains réclament notamment une participation accrue aux décisions relatives à la paix et à la sécurité internationales, alors que plusieurs crises majeures affectent leurs régions.
Membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027, la RDC entend y promouvoir une approche indépendante privilégiant le dialogue et le règlement pacifique des différends.
Kinshasa souhaite notamment défendre cette orientation dans l’examen des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.
Cette responsabilité offre à la diplomatie congolaise une tribune supplémentaire pour porter ses positions. Elle implique également de contribuer aux travaux du Conseil dans le respect de son mandat et des règles qui encadrent les décisions de cet organe.
Le partenariat Russie-Afrique attendu sur des résultats concrets
Le 3e Sommet Russie-Afrique constitue, pour les participants, une occasion de définir des priorités communes et de renforcer les relations entre Moscou et les États africains.
Dans le cas de la RDC, les attentes présentées par Félix Tshisekedi associent directement les enjeux diplomatiques aux impératifs de développement. La sécurité, l’industrialisation, les infrastructures et la création d’emplois forment les principaux axes de cette approche.
Le président congolais a insisté sur trois objectifs permettant, selon lui, d’apprécier les résultats du sommet : renforcer la sécurité, accroître les capacités de production et donner davantage de poids à la voix africaine sur la scène internationale.
Cette approche place les résultats concrets au centre des attentes. Au-delà des déclarations politiques, les retombées du partenariat dépendront de la capacité des parties à transformer leurs engagements en projets financés, en échanges commerciaux durables et en coopérations techniques effectives.
Pour la RDC, l’enjeu est double : mobiliser des partenariats susceptibles de soutenir ses priorités économiques tout en préservant sa souveraineté et sa capacité à définir ses propres choix diplomatiques.
La portée de cette stratégie se mesurera donc à l’évolution de la situation sécuritaire, aux investissements réellement mobilisés et à la capacité de l’économie congolaise à tirer davantage de valeur de ses ressources naturelles.







