Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et la Banque Africaine de Développement (BAD) ont présenté aujourd’hui le Rapport sur le Développement Durable en Afrique (ASDR) 2024, lors d’un événement organisé en marge du Forum Politique de Haut Niveau pour le Développement Durable des Nations Unies à New York.
Principales Recommandations du Rapport
Le rapport intitulé « Renforcer l’Agenda 2030 et l’Agenda 2063 et éliminer la pauvreté en période de crises multiples : la mise en œuvre efficace de solutions durables, résilientes et innovantes », met en lumière l’urgence d’un accès élargi à des financements concessionnels pour le développement, de systèmes d’information et d’alerte précoce renforcés, ainsi que des réformes économiques urgentes.
Évaluation des Objectifs de Développement Durable
Le rapport fournit un examen approfondi des progrès des pays africains vers cinq objectifs de développement durable (ODD) et leurs 32 cibles pour atteindre l’Agenda 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Les cinq ODD examinés sont :
- Éliminer la pauvreté
- Éliminer la faim
- Lutter contre les changements climatiques
- Promouvoir des sociétés pacifiques
- Renforcer les partenariats mondiaux
Progrès et Défis
La nouvelle étude montre que l’Afrique n’est en passe d’atteindre que moins de trois des 32 objectifs évalués dans ce rapport. Des revers ont été enregistrés pour 8 d’entre eux, avec des progrès lents ou un statu quo pour les objectifs restants.
Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la CEA, a déclaré : « Les économies avancées ont rebondi après la crise de la COVID-19, mais de nombreux pays africains sont confrontés à un endettement élevé, à une inflation à deux chiffres et à un accès limité au financement crucial pour le développement et le climat. »
Nécessité d’un Financement Accru
L’aide publique au développement (APD) destinée à l’Afrique a augmenté de 2 % en 2023, mais l’APD totale reste à 0,37 % du revenu national brut combiné des donateurs, bien en dessous de l’objectif de 0,7 % convenu par les États membres de l’ONU.
Matthias Naab, Directeur régional adjoint par intérim du PNUD pour l’Afrique, a souligné : « Il est impératif que nous renforcions les partenariats et recherchions des solutions innovantes pour mettre un terme à la décélération actuelle – et même au renversement dans certains domaines – et que nous travaillions plus étroitement avec les pays et les peuples africains pour nous remettre sur la bonne voie vers nos objectifs mondiaux et l’Afrique que nous voulons. »
Progrès en Matière de Réduction de la Pauvreté
Malgré les crises, l’Afrique a fait des progrès en matière de réduction de la pauvreté. En 2022, l’Afrique représentait plus de la moitié (54,8 %) des personnes vivant dans la pauvreté dans le monde. Des efforts sont en cours pour renforcer les systèmes de protection sociale, bien qu’ils restent en deçà de la moyenne mondiale.
Lutte Contre la Faim et Changement Climatique
Les efforts pour lutter contre la faim et le changement climatique se poursuivent malgré les défis. L’amélioration des investissements agricoles et l’aide pour renforcer la sécurité alimentaire sont nécessaires, tout comme un financement accru pour les actions climatiques.
Dr Al Hamndou Dorsouma, responsable de la division Changement climatique et croissance verte de la BAD, a expliqué : « Il faudra entre 118,2 et 145,5 milliards de dollars par an pour mettre en œuvre les engagements du continent en matière d’action climatique et les contributions déterminées au niveau national. »
Gouvernance et Réformes
En termes de gouvernance, certains pays comme le Malawi ont pris des mesures significatives pour lutter contre la corruption. Toutefois, les flux financiers illicites et la corruption restent des défis majeurs dans de nombreux pays africains.
Conclusion
Ce rapport met en évidence l’engagement et les progrès des pays africains tout en soulignant les défis restants pour atteindre les objectifs de développement durable. Monique Nsanzabaganwa, vice-présidente de l’Union Africaine, a déclaré : « Ce rapport montre clairement à quel point des financements innovants et des partenariats renforcés sont essentiels pour que les pays puissent redoubler d’efforts. »







