Le groupe bancaire Oragroup se prépare à déployer un plan de sauvetage d’un montant de 454 millions de dollars (273 milliards FCFA) pour redresser ses principales filiales en difficulté. Lors de son Assemblée générale mixte, tenue le 15 octobre 2024, le groupe a annoncé cette initiative qui vise à répondre aux exigences réglementaires de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) en matière de fonds propres.
Présent dans 12 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, Oragroup fait face à des défis majeurs pour respecter les ratios prudentiels imposés avant la fin de l’année 2024. Ses filiales au Togo, au Tchad et en Guinée rencontrent des difficultés à maintenir les niveaux de solvabilité requis, ce qui expose le groupe à des risques financiers importants.
Parmi les mesures proposées, Oragroup prévoit une augmentation de capital de 160 milliards FCFA par l’émission de nouvelles actions ordinaires, permettant aux actionnaires existants d’exercer leur droit préférentiel de souscription. Cette stratégie s’accompagne d’une restructuration de bilan, visant à générer jusqu’à 80 milliards FCFA, notamment en Guinée et en Côte d’Ivoire. En parallèle, la monétisation des dettes Tier 2 devrait renforcer les fonds propres de 17 milliards FCFA supplémentaires.
Voir aussi : Oragroup : vers une augmentation de capital avant la cession à Vista Bank
Le groupe prévoit également d’optimiser ses actifs pondérés par les risques à hauteur de 200 milliards FCFA, afin d’alléger la pression sur son capital réglementaire. Par ailleurs, la vente d’actifs non essentiels est envisagée pour renforcer sa trésorerie.
Ce plan de sauvetage est d’autant plus urgent que la proportion de prêts non performants (NPL) d’Oragroup a atteint 20 % de son portefeuille total en 2023, et que son ratio de fonds propres de base (CET1) est tombé à 2,3 %, loin des 7,9 % exigés. Le non-respect des ratios prudentiels au-delà de 2024 pourrait entraîner des sanctions sévères de la part des autorités de régulation, menaçant la stabilité et la capacité opérationnelle du groupe sur ses marchés clés.
Sous la pression des régulateurs et du marché, notamment à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) où son action a perdu plus de la moitié de sa valeur, Oragroup espère revenir à des niveaux de solvabilité conformes d’ici 2026 grâce à la mise en œuvre rapide des actions proposées.
Ce plan est également suivi de près par Vista Bank, dirigée par Simon Tiemtoré, qui cherche à acquérir une participation dans Oragroup, malgré les négociations difficiles avec Emerging Capital Partners (ECP), principal actionnaire du groupe bancaire.







