La Banque de France a réalisé une plus-value exceptionnelle de 12,8 milliards d’euros en réorganisant ses réserves d’or, marquant une étape stratégique dans la gestion de ses actifs.
Une opération stratégique sur les réserves d’or
Entre 2025 et début 2026, l’institution dirigée par François Villeroy de Galhau a procédé à une série d’opérations visant à remplacer ses anciens lingots conservés à New York par de nouveaux lingots conformes aux standards internationaux, désormais stockés à Paris.
Au total, 26 transactions ont été réalisées entre juillet 2025 et janvier 2026, générant une plus-value de 11 milliards d’euros en 2025 et 1,8 milliard d’euros supplémentaires en 2026.
Cette performance s’explique notamment par la différence entre les prix historiques d’acquisition de l’or et les cours actuels, particulièrement élevés sur les marchés internationaux.
Un stock modernisé sans réduction des réserves
L’opération a concerné 129 tonnes d’or initialement détenues auprès de la Réserve fédérale américaine. Plutôt que de les raffiner ou de les rapatrier directement, la Banque de France a choisi de les vendre puis de racheter des lingots plus récents en Europe.
Malgré cette transformation, le volume total des réserves est resté stable, à environ 2 437 tonnes. Les nouveaux lingots, plus purs (au-delà de 99,5 %), répondent désormais aux standards les plus récents du marché.
Un rapatriement motivé par des considérations techniques
Selon le gouverneur, cette décision ne répond pas à une logique politique mais à une exigence de qualité. Le marché européen offrirait des lingots mieux adaptés aux normes actuelles, facilitant leur gestion et leur liquidité.
La Banque de France détient encore environ 134 tonnes d’or ancien à Paris, dont la mise à niveau est prévue d’ici 2028.
Des résultats financiers fortement améliorés
Cette opération a contribué à redresser significativement les comptes de l’institution. Après une perte nette de 7,7 milliards d’euros en 2024, la Banque de France a enregistré un bénéfice net de 8,1 milliards d’euros en 2025.
Un autre facteur clé réside dans la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). La baisse progressive des taux directeurs en 2025, dans un contexte de reflux de l’inflation, a permis de réduire le coût de rémunération des dépôts bancaires.
Le taux moyen est ainsi passé de 3,7 % en 2024 à 2,3 % en 2025, générant une hausse de 10,2 milliards d’euros du revenu monétaire de la Banque de France.
Une solidité financière renforcée
Avec une situation nette estimée à 283 milliards d’euros, l’institution affirme disposer d’une capacité solide pour faire face à d’éventuels chocs économiques ou financiers.
Cette annonce intervient alors que François Villeroy de Galhau s’apprête à quitter ses fonctions en juin 2026, après onze années à la tête de la Banque de France, laissant derrière lui une institution renforcée et modernisée.







