OCDE et PNUD : l’initiative « Inspecteurs des impôts sans frontières » a généré 2,72 milliards USD de recettes fiscales
L’Organisation de coopération et de développement économiques et le Programme des Nations Unies pour le développement ont publié leur Rapport annuel 2026 sur l’initiative Inspecteurs des impôts sans frontières (IISF), mettant en avant les progrès réalisés dans le renforcement des administrations fiscales des pays en développement.
Depuis son lancement en 2015, cette initiative conjointe a permis d’améliorer la mobilisation des ressources intérieures dans plusieurs pays, contribuant ainsi au financement des services publics, du développement économique et de la réduction de la dépendance à l’aide extérieure.
Plus de 2,7 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires
Selon le rapport, l’initiative IISF a permis de mettre en œuvre 165 programmes dans 70 juridictions en développement.
Ces interventions ont contribué au recouvrement de 2,72 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires et à l’établissement de 7,67 milliards de dollars de redressements fiscaux.
Ce dispositif repose sur un principe de formation en situation réelle : des experts fiscaux expérimentés accompagnent directement les administrations fiscales des pays bénéficiaires en travaillant sur des dossiers concrets de contrôle et d’enquête.
Cette approche permet non seulement d’accroître les recettes fiscales, mais aussi de renforcer durablement les compétences des administrations nationales.
Un nouveau modèle de coopération entre pays du Sud
L’un des principaux enseignements du rapport 2026 concerne l’évolution de l’initiative vers un modèle davantage fondé sur la coopération régionale.
Grâce à la plateforme « Diplômés IISF », plusieurs pays ayant bénéficié du programme mettent désormais leur expertise au service d’autres administrations fiscales confrontées à des défis similaires.
La Colombie, l’Égypte, les Maldives et la Zambie figurent parmi les premiers pays devenus fournisseurs d’assistance technique.
Cette approche favorise un partage d’expériences entre administrations ayant des contextes économiques comparables et renforce la pérennité des capacités fiscales.
Une version 2.0 pour répondre aux nouveaux défis fiscaux
Le rapport présente également le déploiement de la version 2.0 de l’initiative IISF.
Cette nouvelle phase vise à répondre à une demande croissante d’assistance technique dans un contexte marqué par la complexification de la fiscalité internationale.
Les futurs programmes porteront notamment sur :
- les contrôles fiscaux sectoriels ;
- les enquêtes pénales en matière fiscale ;
- l’exploitation des données issues de l’échange automatique de renseignements ;
- l’utilisation des déclarations pays par pays des multinationales.
L’objectif est de proposer un accompagnement plus efficace, plus durable et davantage adapté aux réalités régionales.
Le Botswana inaugure un nouveau modèle de coopération
Le rapport cite le cas du Botswana comme illustration de cette nouvelle approche.
En 2026, le pays est devenu la première juridiction à bénéficier de l’expertise de spécialistes du secteur touristique venus des Maldives dans le cadre d’un programme IISF.
Cette expérience démontre qu’un savoir-faire développé dans un pays en développement peut être transféré avec succès vers un autre pays confronté aux mêmes enjeux.
La mobilisation des recettes, un levier du développement
Pour Mathias Cormann, la mobilisation des ressources intérieures demeure l’un des principaux moteurs de la croissance économique.
Selon lui, l’initiative Inspecteurs des impôts sans frontières illustre l’efficacité de la coopération entre pairs pour renforcer durablement les systèmes fiscaux et générer des milliards de dollars de recettes publiques supplémentaires.
De son côté, Alexander De Croo a souligné que des administrations fiscales solides permettent aux États de financer leur propre développement, d’investir dans les infrastructures, les services publics et la résilience économique tout en réduisant leur dépendance aux financements extérieurs.
Une coopération appelée à se renforcer
Les conclusions du rapport seront examinées lors de la réunion 2026 du Comité directeur de l’initiative IISF, qui réunit les administrations fiscales partenaires, les pays donateurs et des représentants de la société civile.
Aujourd’hui, l’initiative s’appuie sur un réseau de 32 administrations fiscales partenaires, ainsi que sur plusieurs organisations régionales, dont le Forum africain sur l’administration fiscale.
Selon l’OCDE et le PNUD, ce partenariat contribue à renforcer les capacités des administrations fiscales, à améliorer la transparence et à aider les pays en développement à mobiliser davantage de ressources pour financer durablement leur croissance économique et leurs politiques publiques.







