La confiance des citoyens envers les gouvernements nationaux s’est stabilisée en 2026 dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), après plusieurs années de recul. Toutefois, le niveau de confiance demeure limité : seuls 40 % des personnes interrogées déclarent avoir une confiance élevée ou modérément élevée dans leur gouvernement, tandis que 43 % affirment lui accorder peu ou pas de confiance.
C’est l’un des principaux enseignements du rapport « Résultats 2026 de l’enquête de l’OCDE sur les déterminants de la confiance dans les institutions publiques », qui couvre 33 pays membres ainsi que, pour la première fois, cinq pays candidats à l’adhésion.
Une confiance plus forte envers les services publics que les gouvernements
L’étude met en évidence un contraste marqué entre la perception des gouvernements nationaux et celle des autres institutions publiques. Dans la majorité des pays étudiés, la confiance accordée à la police, aux tribunaux, aux collectivités locales et à la fonction publique demeure nettement supérieure à celle dont bénéficie l’exécutif.
Les citoyens expriment également une satisfaction relativement élevée vis-à-vis des services publics qu’ils utilisent régulièrement. En moyenne, 68 % des usagers se déclarent satisfaits des services administratifs, 60 % du système éducatif et 54 % du système de santé.
En revanche, ils restent plus sceptiques quant à la capacité des gouvernements à arbitrer équitablement entre des intérêts divergents, à prendre des décisions de long terme ou à préparer efficacement les sociétés aux grands défis futurs.
Le sentiment de ne pas être écouté demeure un frein majeur
Le rapport souligne que le principal déterminant de la confiance reste le sentiment d’avoir une véritable influence sur les décisions publiques.
Si 68 % des répondants considèrent que leur vote a un impact sur l’action publique, seulement 31 % estiment que des personnes comme eux peuvent réellement peser sur les décisions politiques. L’écart atteint ainsi 47 points de pourcentage entre ceux qui se sentent entendus et ceux qui pensent le contraire, une situation qui évolue très peu depuis plusieurs années.
Pour l’OCDE, ce constat montre que la participation électorale, à elle seule, ne suffit plus à renforcer la confiance dans les institutions démocratiques.
« Les citoyens ont confiance dans les services publics sur lesquels ils comptent chaque jour, mais ils sont moins confiants dans la capacité des pouvoirs publics à relever des défis à long terme, et ils ne se sentent pas entendus », a déclaré le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann.
Des écarts persistants selon les profils
L’enquête révèle également des différences importantes selon les catégories de population. Les femmes, les jeunes adultes et les personnes ayant un niveau d’instruction plus faible affichent, en moyenne, des niveaux de confiance inférieurs à ceux observés dans le reste de la population.
L’OCDE note par ailleurs que les écarts liés au niveau d’éducation se sont sensiblement accentués depuis 2021.
L’intelligence artificielle suscite autant d’espoirs que d’interrogations
Le rapport s’intéresse également à la perception de l’intelligence artificielle dans les administrations publiques.
Plus de quatre personnes sur dix estiment que l’IA pourrait contribuer à améliorer la qualité des services publics ou à réduire leurs coûts. En revanche, une proportion plus faible pense que les pouvoirs publics mettront effectivement en place les garanties nécessaires pour assurer la protection des données personnelles, la transparence des décisions, l’équité des traitements et une supervision humaine efficace.
Pour l’OCDE, le développement de l’IA dans le secteur public devra donc s’accompagner d’un renforcement de la gouvernance afin de préserver la confiance des citoyens.
Un enjeu central pour les démocraties
L’organisation estime que la consolidation de la confiance passe désormais par davantage de transparence, une meilleure participation des citoyens aux décisions publiques et des politiques fondées sur des données probantes.
Ces conclusions alimenteront les discussions du prochain Forum mondial de l’OCDE sur l’instauration de la confiance et le renforcement de la démocratie, prévu les 12 et 13 octobre 2026 à Paris, consacré aux moyens de renforcer la résilience des démocraties face aux mutations économiques, technologiques et géopolitiques.







