La Banque centrale du Nigeria (CBN) enregistre une nette amélioration de sa position extérieure en ce début d’année 2026. Les réserves de change du Nigeria ont franchi le seuil de 46 milliards USD, atteignant leur plus haut niveau depuis août 2018. Cette accumulation rapide de devises s’accompagne d’un raffermissement notable du naira, aussi bien sur le marché officiel que sur le marché parallèle.
Un seuil historique après huit ans
Selon les données officielles de la CBN arrêtées au 22 janvier 2026, les réserves extérieures s’établissent à environ 46 milliards USD, un niveau comparable à celui observé le 27 août 2018, lorsqu’elles atteignaient 45,9 milliards USD. Ce retour à un tel palier marque un tournant pour la première économie d’Afrique, après plusieurs années de pression sur ses avoirs en devises.
La dynamique haussière engagée depuis décembre 2025 traduit une amélioration structurelle des entrées de devises dans le système financier nigérian, dans un contexte de normalisation progressive du marché des changes.
Une trajectoire ascendante depuis 2025
Sur l’ensemble de l’année 2025, les réserves étaient passées d’environ 40,8 milliards USD à près de 45,5 milliards USD, soit une hausse de près de 4,7 milliards USD. Cette progression contraste fortement avec la situation de 2024, marquée par une chute sous les 40 milliards USD, dans un environnement de forte volatilité lié à l’introduction du régime de change flottant.
Le renforcement des réserves offre à l’État nigérian des marges de manœuvre accrues pour stabiliser la monnaie, honorer ses engagements extérieurs et renforcer la capacité de couverture des importations.
Un effet visible sur le naira
L’accumulation de devises s’est traduite par un raffermissement du naira. Alors que l’écart entre le marché officiel et le marché parallèle dépassait auparavant 100 nairas pour un dollar, la monnaie nigériane s’échange désormais autour de 1 421 nairas pour un dollar sur le marché officiel, contre environ 1 490 nairas sur le marché parallèle.
Cette réduction du différentiel reflète une meilleure liquidité en devises et un regain de confiance des opérateurs économiques dans la politique monétaire de la CBN, tout en contribuant à atténuer les pressions inflationnistes liées au coût des importations.
Des perspectives ambitieuses pour 2026
La Banque centrale du Nigeria anticipe des réserves de change à 51,04 milliards USD à fin 2026, contre environ 45 milliards USD en 2025. Cette projection repose sur plusieurs leviers : la hausse attendue des revenus pétroliers, le recours aux marchés internationaux via des émissions obligataires, et la progression des transferts de la diaspora nigériane, parmi les plus importants du continent.
La montée en puissance de la raffinerie de Dangote devrait également jouer un rôle clé. Avec une capacité annoncée de 700 000 barils par jour en 2026, contre 650 000 en 2025, et un objectif de 1,4 million de barils par jour à moyen terme, cette infrastructure pourrait réduire significativement les importations de produits pétroliers raffinés, principale source de sortie de devises, tout en ouvrant des perspectives d’exportations régionales.
Si ces tendances se confirment, le Nigeria pourrait consolider durablement sa position extérieure et créer les conditions d’une plus grande stabilité du naira, un facteur déterminant pour relancer l’investissement et soutenir la croissance après plusieurs années de turbulences macroéconomiques.







