Le Nigéria, première économie d’Afrique, connaît une augmentation alarmante de la pauvreté. Selon un récent rapport de la Banque mondiale, environ 56 % de la population vit désormais en dessous du seuil de pauvreté, défini comme moins de 2,48 USD par jour. Ce chiffre représente une augmentation significative par rapport aux 40,1 % enregistrés en 2018, soit 129 millions de Nigérians vivant dans des conditions de pauvreté en 2024.
La Banque mondiale attribue cette hausse à plusieurs facteurs économiques, notamment une faible croissance du PIB réel par habitant, qui n’a pas retrouvé son niveau d’avant la récession de 2016 causée par la chute des prix du pétrole. De plus, l’impact de la pandémie de COVID-19 a encore affaibli l’économie, et l’inflation, atteignant 32,7 %, continue de gruger le pouvoir d’achat des ménages.
Deux décisions majeures prises par le président Bola Ahmed Tinubu après son arrivée au pouvoir en 2023 ont également contribué à l’aggravation de la situation. La suppression des subventions sur le carburant et l’harmonisation des taux de change ont provoqué une flambée des prix, notamment à la pompe, et ont affecté divers secteurs de l’économie, augmentant le coût de la vie pour des millions de Nigérians.
Le rapport souligne également la dépendance excessive de l’économie nigériane aux ressources pétrolières, représentant 90 % des exportations. Cette forte concentration sur un secteur à faible création d’emplois est un obstacle à la réduction de la pauvreté. Le Nigéria peine à diversifier son économie, ce qui limite la capacité de la croissance à améliorer les conditions de vie des plus démunis.
Pour inverser cette tendance, la Banque mondiale appelle le gouvernement à adopter des politiques favorisant la création d’emplois productifs dans le secteur privé et à diversifier l’économie. Un marché du travail plus dynamique permettrait de mieux partager les fruits de la croissance économique avec les Nigérians les plus vulnérables.








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