Le Niger mise sur l’actionnariat populaire pour financer son économie
Le gouvernement du Niger a adopté un décret créant une nouvelle structure : l’Agence de promotion de l’actionnariat populaire pour l’entrepreneuriat communautaire (Apapec-Niger).
Cette initiative marque une volonté claire de mobiliser l’épargne nationale pour financer directement les entreprises et projets productifs.
Une mission centrée sur la mobilisation de l’épargne
Selon le communiqué du Conseil des ministres, la mission principale de la nouvelle agence est de :
- collecter l’épargne publique ;
- orienter les ressources vers des investissements productifs ;
- soutenir l’entrepreneuriat communautaire.
L’objectif est d’impliquer davantage les citoyens dans le financement de l’économie réelle.
Des secteurs prioritaires pour le développement
L’action de l’Apapec-Niger ciblera des secteurs jugés stratégiques :
- agriculture et élevage ;
- agro-industrie ;
- mines ;
- technologies de l’information et de la communication.
Cette orientation vise à renforcer la création de valeur locale et à soutenir la transformation structurelle de l’économie.
Un modèle inspiré de la sous-région
Le Niger s’inspire de l’expérience du Burkina Faso, qui a mis en place en 2023 l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC).
Ce modèle a déjà permis de financer plusieurs projets, notamment :
- des unités de transformation agroalimentaire ;
- des prises de participation dans le secteur minier.
Un contexte marqué par un accès limité au crédit
La création de l’Apapec-Niger intervient dans un environnement financier contraint.
Le crédit au secteur privé représente environ 11 % du PIB, un niveau faible comparé aux standards régionaux. Les petites et moyennes entreprises restent particulièrement affectées par :
- un accès limité au financement bancaire ;
- des tensions sur la liquidité du système financier ;
- la baisse de confiance des déposants.
Un système bancaire encore peu inclusif
Le secteur bancaire au Niger concentre près de 95 % du système financier, mais il reste peu accessible à la majorité de la population.
Les difficultés sont aggravées par :
- les arriérés de paiement de l’État ;
- les perturbations commerciales ;
- la fermeture prolongée de certaines frontières ces dernières années.
Une alternative pour financer l’économie réelle
Avec la création de l’Apapec-Niger, le pays cherche à développer un mécanisme alternatif de financement.
L’ambition est double :
- élargir la base des investisseurs nationaux ;
- canaliser l’épargne vers des projets productifs.
Dans un contexte de contraintes budgétaires et de financement bancaire limité, ce modèle d’actionnariat populaire pourrait devenir un levier important pour soutenir la croissance et l’entrepreneuriat local.







