Niger : un projet de 250 millions de dollars pour renforcer le financement des PME et du secteur financier
Le gouvernement du Niger poursuit ses efforts pour améliorer l’accès au financement des entreprises. Avec l’appui de la Banque mondiale, le pays met en œuvre le Projet d’Appui au Secteur Financier et au Renforcement des Micros, Petites et Moyennes Entreprises (PASFI), doté d’une enveloppe de 250 millions de dollars sur une période de cinq ans.
Financé à travers un don de l’Association internationale de développement (IDA), ce programme vise à renforcer l’inclusion financière et à favoriser le développement du tissu entrepreneurial nigérien.
Accroître l’accès au financement des MPME
L’objectif principal du PASFI est d’améliorer l’accès aux services financiers pour les micros, petites et moyennes entreprises (MPME), qui constituent un moteur essentiel de la croissance économique et de la création d’emplois au Niger.
À travers ce projet, les autorités ambitionnent de lever plusieurs contraintes qui limitent encore l’accès des entreprises au crédit, notamment les difficultés de financement, le manque de garanties et les capacités limitées des institutions financières à accompagner les PME.
Cinq composantes pour soutenir le secteur financier
Le PASFI s’articule autour de cinq axes stratégiques destinés à renforcer l’écosystème financier national.
La première composante vise à améliorer l’accès à la liquidité du secteur financier afin de permettre aux établissements financiers de disposer de davantage de ressources pour financer l’économie.
La deuxième porte sur l’extension de l’accès au crédit au profit des micros, petites et moyennes entreprises, avec l’objectif de faciliter leur développement et leur compétitivité.
Le projet prévoit également une importante assistance technique destinée à renforcer les capacités des institutions financières dans le financement des PME.
Les deux autres composantes concernent la gestion du projet ainsi que la mise en place d’un mécanisme d’intervention d’urgence contingente permettant de répondre rapidement à d’éventuelles situations exceptionnelles.
Une forte implication des parties prenantes
Dans le cadre de la préparation du projet, le ministère de l’Économie et des Finances, à travers l’Unité de coordination du Programme de gestion du secteur public pour la résilience et la prestation de services (PGRP), a engagé un vaste processus de consultation avec les acteurs concernés.
Plusieurs entretiens et groupes de discussion ont été organisés afin de recueillir les avis des différentes parties prenantes sur les modalités de mise en œuvre du projet, les enjeux liés à l’inclusion financière et les mécanismes de participation des bénéficiaires.
Les échanges ont également porté sur les besoins en communication, la prise en compte des groupes vulnérables et les dispositifs permettant d’assurer une mobilisation efficace tout au long de l’exécution du programme.
Un atelier de restitution à Niamey
Les résultats de ces consultations ont été présentés lors d’un atelier organisé le 30 janvier 2026 à Niamey.
Près de 80 participants y ont pris part, parmi lesquels des représentants du ministère de l’Économie et des Finances, de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Niger, des institutions financières, des banques, des institutions de microfinance, des organisations de la société civile ainsi que des représentants des PME susceptibles de bénéficier du programme.
Cette démarche participative vise à renforcer l’appropriation du projet par l’ensemble des acteurs concernés et à garantir une mise en œuvre plus efficace des actions prévues.
Un projet aligné sur les normes de la Banque mondiale
Le Plan de Mobilisation des Parties Prenantes (PMPP) élaboré dans le cadre du PASFI répond aux exigences de la Norme Environnementale et Sociale n°10 de la Banque mondiale.
Cette norme impose la diffusion d’informations relatives aux projets financés par l’institution ainsi que l’implication active des parties prenantes dans toutes les phases de leur exécution.
Le document restera évolutif tout au long de la durée du projet afin de prendre en compte les éventuels ajustements nécessaires et de s’adapter aux réalités du terrain.
Un levier pour la croissance du secteur privé nigérien
Avec une enveloppe de 250 millions de dollars, le PASFI représente l’un des programmes les plus importants actuellement déployés au Niger en faveur du secteur privé.
En facilitant l’accès au crédit, en renforçant les capacités des institutions financières et en soutenant le développement des MPME, le projet pourrait contribuer à dynamiser l’activité économique, stimuler l’investissement privé et favoriser la création d’emplois durables dans le pays.
À terme, cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer la résilience de l’économie nigérienne et à faire du secteur privé un moteur de croissance inclusive et durable.







