Le Sénégal a vu sa note de crédit à long terme dégradée par Moody’s, passant de Ba3 à B1, suite à la découverte d’un déficit budgétaire supérieur à 10 % en 2023. Cette situation met en lumière des faiblesses budgétaires non anticipées par l’administration précédente, ce qui a poussé les autorités actuelles à reconsidérer leur approche avec le Fonds Monétaire International (FMI).
L’audit commandé par le président Bassirou Diomaye Faye a révélé une réalité budgétaire bien plus préoccupante que celle annoncée par le gouvernement précédent. Alors que le déficit budgétaire de 2023 avait été estimé à 5 % du PIB, l’audit indique qu’il dépasse en réalité 10 %, un écart significatif qui a provoqué une onde de choc dans les cercles économiques et financiers.
En conséquence, le gouvernement a suspendu les demandes de décaissement auprès du FMI, qui devait examiner la situation financière du pays en juin 2024. Cette décision témoigne de la volonté des autorités sénégalaises de prendre des mesures correctives avant de s’engager davantage avec les partenaires financiers internationaux.
Les raisons de l’abaissement de la note par Moody’s
Selon Moody’s, plusieurs facteurs justifient cette dégradation, notamment :
- Un déficit budgétaire bien plus élevé que prévu, démontrant une gestion financière fragile.
- Une transparence budgétaire insuffisante, pointée du doigt suite à l’audit présidentiel.
- Un endettement élevé qui complique la capacité du pays à absorber les chocs économiques.
Malgré ces défis, l’agence de notation anticipe une croissance économique plus forte à partir de 2025, bien que le processus d’assainissement des finances publiques reste un défi majeur à court et moyen terme.
Conséquences pour le Sénégal
La dégradation de la note à B1 pourrait entraîner plusieurs conséquences pour l’économie sénégalaise :
- Augmentation du coût de l’endettement : Avec une note plus faible, le Sénégal pourrait faire face à des conditions de prêt plus coûteuses sur les marchés internationaux.
- Réduction de l’attractivité des investissements : Une note de crédit plus basse peut dissuader les investisseurs, rendant le financement des projets de développement plus difficile.
- Fragilisation de la balance des paiements : Une situation budgétaire plus délicate pourrait accroître la pression sur la balance des paiements du pays, rendant nécessaire un soutien accru de la part d’organisations internationales comme le FMI.
Une surveillance accrue de la situation financière
En plus de l’abaissement de la note, Moody’s a placé la note souveraine du Sénégal sous surveillance pour un éventuel nouvel abaissement si la situation ne s’améliore pas. Cela met en lumière les incertitudes entourant la capacité du pays à redresser rapidement ses finances publiques.
Malgré cela, l’agence reste optimiste quant à la croissance économique à moyen terme, estimant que les réformes budgétaires à venir pourraient stabiliser la situation, à condition que des mesures correctives soient mises en place efficacement.








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