L’ancien président du Conseil régional de Basse (BsAC), Foday Danjo, a reconnu une mauvaise gestion financière durant ses cinq années de mandat, entre 2018 et 2023. Témoignant par visioconférence devant la Commission d’enquête sur le gouvernement local (LGCI), il a admis des irrégularités allant de prêts illégaux à des détournements de fonds publics.
Les audits spéciaux ont révélé que plus de 51 millions de dinars ont été retirés des comptes du conseil sans documents justificatifs. Danjo a reconnu que ces pratiques violaient la loi sur les collectivités locales de 2002 et celle sur les finances de 2004.
Parmi les infractions citées :
un prêt contracté auprès de Furu Gomez, ancien président de l’association régionale de football, sans approbation ministérielle,
plus de 26 millions de dinars empruntés à Supersonic, Vista Bank et FIB, sans autorisation officielle,
l’utilisation de 2 millions de dinars de subventions gouvernementales pour rembourser un prêt illégal.
Le conseil a également contracté des découverts bancaires supérieurs à 2,4 millions de dinars, utilisés principalement pour le paiement des salaires. Danjo a admis que l’absence de rapprochements bancaires, de rapports annuels et de registres comptables avait aggravé la mauvaise gestion et fragilisé la gouvernance.
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Le rapport d’audit national a confirmé que les états financiers du conseil étaient inexacts et que six comptes municipaux n’étaient jamais rapprochés.
Enfin, le témoignage a mis en lumière des dépenses douteuses, notamment plus de 2 millions de dinars versés à Green Vision pour des projets de construction, avec des allégations de pots-de-vin et de surcoûts, comme pour le pont de Bajan Kunda, estimé à plus de 3 millions de dinars.
En conclusion, Danjo a reconnu : « Oui, il y a eu une mauvaise gestion », tout en insistant sur le fait que certains projets de développement avaient tout de même vu le jour sous sa direction.







