Le Mali, reconnu comme l’un des principaux fournisseurs d’amandes de karité en Afrique aux côtés du Nigeria, du Burkina Faso et du Ghana, a suspendu l’exportation de ces amandes depuis le 3 octobre 2024. Cette décision, prise par un arrêté signé conjointement par le ministre de l’Industrie et du Commerce et celui de l’Économie et des Finances, s’applique également à d’autres oléagineux tels que le sésame et le soja.
Cette initiative fait écho à une décision similaire adoptée au Burkina Faso le 18 septembre et vise à garantir la disponibilité des amandes de karité pour les unités industrielles de transformation locales. Dans un communiqué, le gouvernement a précisé que les produits confisqués aux contrevenants seront vendus aux industries locales pour transformation, afin de renforcer le segment industriel du pays.
En 2021, le Mali avait exporté 27 988 tonnes d’amandes de karité, générant des recettes de 7,69 milliards de francs CFA (environ 12,8 millions de dollars). Parallèlement, les expéditions de beurre de karité, qui ont atteint 3 151 tonnes, avaient rapporté 2,04 milliards de francs CFA (environ 3,3 millions de dollars).
Il est important de rappeler que le Mali a inauguré sa première usine moderne de transformation de karité en 2021, pour un coût total de 5 millions de dollars. Plus récemment, en juillet 2024, le président Assimi Goïta a ouvert un complexe agro-industriel d’une valeur de 23 millions de dollars à Sanankoroba, spécialisé dans la transformation d’oléagineux. Ce complexe, appartenant à la Société Seydou Diogo Awa (SDA), comprend six unités industrielles, dont une unité de production de beurre de karité d’une capacité de 100 tonnes par jour.
Avec cette suspension des exportations, le gouvernement malien espère encourager la transformation locale et améliorer la valeur ajoutée de ses ressources naturelles, tout en soutenant le développement de l’industrie agroalimentaire dans le pays.







