L’arrestation de Mme Bah Arabia Touré, PDG de l’Agence de Cessions Immobilières (ACI-SA), a secoué le secteur immobilier au Mali, provoquant une vague de réactions et de spéculations. L’affaire repose sur une bataille juridique de longue date concernant des parcelles de terrain disputées par des familles locales.
Selon un communiqué de l’ACI-SA, Mme Touré a été placée sous mandat de dépôt en octobre 2024, accusée par le pôle économique et financier de s’opposer à une décision judiciaire liée à la disposition de biens fonciers occupés par des familles depuis plusieurs décennies. Ces terres font l’objet de revendications coutumières remontant à 1947, et la cour suprême du Mali a statué en faveur des familles en 2021.
Les terres concernées ont été administrées par l’ACI depuis 2002, mais malgré la vente de certaines parcelles, des poursuites judiciaires ont reconnu les droits coutumiers des familles locales. Ce conflit entre les droits de l’État et les droits coutumiers est fréquent au Mali et soulève des questions sur la gestion des propriétés foncières.
En janvier 2024, une nouvelle décision de justice a annulé les droits coutumiers sur ces parcelles, entraînant une insécurité juridique dans la région, avec des décisions judiciaires contradictoires encore en attente d’application.
L’ACI-SA a affirmé que Mme Touré a depuis retrouvé sa liberté, et que les accusations portées contre elle sont infondées. Ils ont également précisé que les litiges en question remontent à avant sa nomination à la tête de l’agence. La direction de l’ACI a également exprimé sa confiance dans le système judiciaire malien, tout en déplorant la diffusion d’informations erronées autour de cette affaire.
Cette arrestation met en lumière les défis juridiques et la complexité de la gestion foncière au Mali. L’ACI-SA appelle à une meilleure collaboration entre les acteurs immobiliers et les autorités judiciaires pour éviter de futures controverses et renforcer la stabilité juridique dans le secteur foncier.







