Transport aérien africain : à Lomé, une feuille de route pour rendre le MUTAA opérationnel
Réunis à Lomé à l’occasion de la première Convention et Exposition africaines du transport aérien, les ministres du secteur, aux côtés de la Commission africaine de l’aviation civile (AFCAC), ont adopté la Déclaration ministérielle de Lomé. Cette rencontre marque une étape majeure dans la volonté de rendre effectif le Marché unique du transport aérien africain (MUTAA/SAATM).
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Président du Conseil du Togo, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, en présence des anciens présidents Paul Kagame et Olusegun Obasanjo, soulignant l’importance stratégique accordée à l’intégration aérienne du continent.
La Décision de Yamoussoukro comme fondement du MUTAA
Au cœur des échanges, les ministres ont réaffirmé la centralité de la Décision de Yamoussoukro, adoptée en 1999, considérée comme le socle juridique du processus de libéralisation du transport aérien en Afrique.
Ce texte prévoit notamment la libéralisation des droits de trafic de première à cinquième liberté, la libre fixation des tarifs ainsi que la désignation multiple des compagnies aériennes africaines.
Pour les participants, la réussite du MUTAA dépend directement de la mise en œuvre effective de cette décision, encore incomplètement appliquée dans plusieurs États.
Lire aussi : Togo : ouverture de la Convention et Exposition africaines du transport aérien.
Une feuille de route structurée pour accélérer l’intégration aérienne
La Déclaration de Lomé s’accompagne d’une feuille de route opérationnelle visant à transformer les engagements politiques en résultats concrets. Elle repose sur cinq axes principaux.
- Identification et levée des restrictions
Chaque État devra recenser, dans un délai de six mois, les obstacles encore en vigueur à la libéralisation du transport aérien et proposer un plan de suppression progressive.
- Harmonisation réglementaire
Les accords bilatéraux de services aériens devront être alignés sur les principes du MUTAA, avec un objectif de conformité totale fixé à l’horizon 2027.
- Simplification des procédures
Les États s’engagent à mettre en place des guichets uniques et des systèmes numériques pour l’autorisation des vols et la désignation des compagnies, avec un délai de traitement maximal de 30 jours.
- Suivi et transparence
Un tableau de bord continental, piloté par l’AFCAC, sera créé afin de suivre trimestriellement l’état d’avancement de la mise en œuvre dans chaque pays.
- Dialogue et mécanismes d’évaluation
Des réunions ministérielles semestrielles permettront d’évaluer les progrès, de partager les bonnes pratiques et d’identifier les retards.
Un engagement politique renforcé
Le ministre des Transports, du Désenclavement et des Pistes rurales, Comla Kadje, a insisté sur le caractère contraignant de cette feuille de route.
Selon lui, l’ouverture du ciel africain doit se traduire concrètement par une augmentation des vols, une diversification des destinations et une baisse des coûts du transport aérien pour les passagers et les opérateurs économiques.
Vers un ciel africain plus intégré
La signature de la Déclaration de Lomé entre le Togo et l’AFCAC symbolise une nouvelle étape dans la mise en œuvre du MUTAA. Les États signataires réaffirment leur engagement à lever les barrières encore existantes et à harmoniser leurs cadres réglementaires avec les objectifs de libéralisation.
Ils s’accordent également sur la nécessité de renforcer la coordination entre les administrations concernées, notamment les transports, les finances, le commerce, la sécurité, l’immigration et les douanes, afin de garantir une mise en œuvre effective et cohérente.
Lomé, un point d’accélération pour l’aviation africaine
En accueillant cette convention, le Togo confirme son rôle de facilitateur dans le processus d’intégration continentale.
La Déclaration de Lomé, adossée à la Décision de Yamoussoukro, ambitionne de transformer les engagements politiques en réalité opérationnelle sur les tarmacs africains.
Au-delà des textes, l’enjeu est désormais clair : faire émerger un espace aérien africain intégré, plus compétitif et accessible, capable de soutenir la croissance économique, le tourisme et la mobilité des populations sur l’ensemble du continent.







