La valeur des transactions réalisées via les terminaux de point de vente (PoS) au Nigeria a atteint un niveau historique de 18 000 milliards de nairas en 2024, marquant une hausse impressionnante de 69 % par rapport aux 10 700 milliards enregistrés en 2023. Cette croissance exceptionnelle a été alimentée par une pénurie prolongée d’argent liquide et une stratégie agressive de déploiement de terminaux menée par les fintechs.
Selon les données du Système de règlement interbancaire du Nigeria (NIBSS), le volume des transactions a également progressé de 8 %, atteignant 1,5 milliard contre 1,4 milliard l’année précédente.
Le nombre de terminaux PoS déployés à travers le pays a plus que doublé en un an, passant de 2,4 millions en 2023 à 5,5 millions en 2024, soit une augmentation de 129 %. Le nombre total de terminaux enregistrés a également grimpé à 7,8 millions, indiquant qu’environ 4,3 millions de nouvelles machines PoS ont été enregistrées. Cependant, plus de 2 millions d’appareils enregistrés restent encore non déployés.
La montée en puissance des PoS s’explique notamment par la difficulté d’accès aux liquidités via les distributeurs automatiques de billets (DAB). Face à l’indisponibilité fréquente d’argent liquide, les consommateurs se tournent massivement vers les paiements électroniques et les retraits effectués auprès d’agents PoS.
Des fintechs telles que PalmPay, Moniepoint et OPay jouent un rôle clé dans cette transformation. PalmPay revendique l’intégration de plus de 700 000 agents et poursuit ses investissements pour couvrir les 774 zones de gouvernement local du pays. De son côté, Moniepoint a déployé plus de 800 000 terminaux PoS et prévoit de lancer une solution innovante tout-en-un combinant gestion des paiements et des stocks.
Au-delà de l’inclusion financière, cette dynamique bénéficie également au gouvernement grâce à la taxe sur les transferts électroniques appliquée aux transactions de 10 000 nairas et plus. Les agents PoS offrent un service essentiel, notamment lors de crises de liquidités, en permettant aux clients d’accéder à des espèces ou d’effectuer des opérations financières basiques.
Cependant, les frais imposés par les agents PoS sont devenus une source de préoccupation majeure. Dans certaines régions, les frais pour un retrait de 5 000 nairas peuvent atteindre 500 nairas, contre 100 à 200 nairas il y a encore quelques mois. Les opérateurs justifient ces tarifs élevés par le coût d’obtention de liquidités, souvent achetées auprès de stations-service en raison des difficultés à retirer de l’argent dans les banques.
Cette forte adoption des terminaux PoS témoigne de l’évolution rapide des comportements financiers au Nigeria, portée par l’innovation des fintechs et une demande croissante pour des alternatives aux systèmes bancaires traditionnels.







