Le Nigeria a rejeté la tentative de Shell de vendre son unité de production pétrolière terrestre pour 1,3 milliard de dollars à un consortium local, Renaissance Africa Energy. Cette décision marque un revers pour la multinationale pétrolière, qui espérait quitter le secteur pétrolier terrestre difficile du delta du Niger après 68 ans d’opération.
Le directeur général de la Commission nigériane de régulation du pétrole en amont (NUPRC), Gbenga Komolafe, a annoncé lors d’une conférence à Abuja que la transaction avait échoué en raison de l’incapacité de Renaissance à répondre aux critères réglementaires. Bien que Komolafe n’ait pas précisé les raisons exactes du rejet, il avait déjà exprimé des doutes sur la capacité de Renaissance à gérer les actifs de Shell au Nigeria. Renaissance et Shell n’ont pas encore commenté publiquement cette décision.
Ce rejet survient dans un contexte où des compagnies pétrolières, telles qu’ExxonMobil et Seplat Energy, ont dû faire face à des obstacles similaires lors de tentatives de vente d’actifs au Nigeria. Toutefois, ExxonMobil a reçu l’autorisation tant attendue pour finaliser un accord de 1,28 milliard de dollars avec Seplat Energy, démontrant la complexité et l’incertitude qui entourent les désinvestissements dans le pays.
Le retrait progressif des multinationales comme Shell, Eni et Equinor des champs onshore du delta du Niger est motivé par la baisse des rendements, le vol de pétrole, la violence et les préoccupations environnementales. De plus, les perspectives de meilleurs retours dans les champs offshore attirent les grandes compagnies pétrolières vers des zones moins risquées. En conséquence, les entreprises locales, souvent moins connues, tentent de reprendre ces actifs, bien que leur capacité à exploiter ces actifs efficacement reste souvent mise en question.
L’approbation du rachat des actifs onshore d’ExxonMobil par Seplat Energy pourrait presque tripler la production de la société nigériane, passant de 48 000 à environ 130 000 barils de pétrole brut par jour. Cet accord, en suspens depuis février 2022, représente un tournant pour le secteur pétrolier nigérian. Selon les experts, la finalisation de cette transaction apporte une bonne nouvelle pour le gouvernement nigérian et les investisseurs, dissipant une partie des incertitudes qui planent sur le secteur de l’énergie du pays.
Le rejet de la vente de Shell met en lumière les défis auxquels sont confrontés les investisseurs souhaitant se retirer des actifs pétroliers terrestres du Nigeria. Dans un secteur en pleine mutation, les régulateurs jouent un rôle crucial dans la facilitation ou l’entrave des transactions, ajoutant un niveau d’incertitude pour les entreprises cherchant à désinvestir ou à prendre des parts de marché.







