Le Nigeria a engagé une action en justice contre Binance, la plus grande plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde, l’accusant d’évasion fiscale et de perturbation économique. Les autorités réclament 79,5 milliards de dollars de dommages et intérêts pour les pertes économiques présumées ainsi que 2 milliards de dollars d’arriérés d’impôts, selon des documents judiciaires du 19 février 2025.
Les régulateurs nigérians estiment que Binance a exacerbé la volatilité du naira, en permettant des transactions spéculatives sur sa plateforme, contournant ainsi les contrôles de la Banque centrale du Nigeria (CBN). Deux cadres de l’entreprise ont été arrêtés en 2024, après que les autorités ont constaté l’usage massif des cryptos pour convertir le naira.
Le Federal Inland Revenue Service (FIRS) affirme que Binance possède une « présence économique significative » au Nigeria, ce qui la rend redevable de l’impôt sur les sociétés. L’agence exige également une pénalité annuelle de 10 % sur les montants impayés, en plus d’un intérêt de 26,75 %, calculé sur le taux directeur de la CBN.
En 2024, le gouvernement nigérian avait déjà déposé quatre chefs d’accusation contre Binance pour non-paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de l’impôt sur les sociétés, absence de déclaration fiscale et facilitation de l’évasion fiscale pour ses utilisateurs.
Face à cette pression réglementaire, Binance a suspendu toutes les transactions en naira en mars 2024 et rejette les accusations de blanchiment d’argent formulées par l’agence anti-corruption nigériane.
Cette affaire souligne l’attitude de plus en plus ferme du Nigeria envers les cryptomonnaies et la régulation des plateformes financières numériques.







