Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une vague croissante de demandes de financement en provenance des pays africains, alors que les répercussions économiques des nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis commencent à fragiliser les économies de la région. Ces mesures protectionnistes, récemment mises en œuvre par le président américain Donald Trump, s’ajoutent à un gel du financement de l’USAID, accentuant la pression sur les États les plus vulnérables du continent.
Le directeur du département Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie, a exprimé sa vive inquiétude lors d’une intervention à Dakar, mardi. Selon lui, les pays les plus pauvres et les moins résilients, déjà affaiblis par les crises successives, se tournent de plus en plus vers les institutions multilatérales pour obtenir un soutien financier indispensable.
« Nous vivons dans un monde sujet aux chocs. Les pays les plus pauvres et les moins résilients se tournent de plus en plus vers des institutions comme la nôtre. Je n’exclus pas que davantage de pays africains sollicitent du soutien », a-t-il déclaré.
En 2023, l’Afrique subsaharienne a exporté pour 29 milliards de dollars de biens vers les États-Unis, faisant du marché américain l’un de ses plus importants partenaires commerciaux après la Chine, les Émirats arabes unis et l’Inde. La mise en place de nouveaux tarifs réciproques — notamment une hausse de 34 % sur les produits chinois et une menace d’extension à 50 % — perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales et affecte indirectement les pays africains.
L’environnement actuel rappelle les turbulences observées durant la pandémie de COVID-19, période pendant laquelle de nombreux pays africains avaient perdu leur accès aux marchés financiers internationaux, forçant plusieurs d’entre eux à se tourner vers le FMI.
Abebe Selassie alerte également sur la diminution de la capacité des puissances économiques à soutenir financièrement les pays africains. « Cela impose aux nations africaines une responsabilité encore plus grande de trouver des stratégies pour compenser ces défis », a-t-il ajouté, soulignant l’urgence pour les gouvernements du continent à élaborer des politiques de résilience économique.
Donald Trump, fidèle à sa doctrine économique protectionniste, a réaffirmé lors d’une réunion avec Benjamin Netanyahou à la Maison Blanche qu’il ne comptait pas lever les tarifs, malgré les pressions internationales. Il a toutefois affirmé rester ouvert à des accords équitables et de qualité avec tous les pays.
Pendant ce temps, la Chine a répondu en imposant un tarif équivalent de 34 % sur les importations américaines, intensifiant la guerre commerciale entre les deux superpuissances. La confrontation entre Washington et Pékin menace désormais d’avoir des effets systémiques sur les économies africaines, dépendantes des exportations et de l’aide extérieure.
Dans ce contexte incertain, le FMI s’apprête à renforcer son rôle d’amortisseur financier pour l’Afrique. Les prochaines semaines pourraient voir une multiplication des demandes d’assistance, mettant à l’épreuve la capacité de l’institution à intervenir efficacement dans un climat mondial tendu.









































