Le déficit budgétaire du Nigeria pourrait grimper à 4,7 % du PIB en 2025, selon le dernier rapport du Fonds Monétaire International (FMI), publié récemment. Cette projection met en lumière des défis persistants malgré les réformes économiques entreprises par le gouvernement, soulignant une dépendance croissante aux revenus pétroliers et des dépenses publiques en hausse.
Le déficit, qui était de 4,1 % en 2024 contre 4,8 % en 2023, devrait dépasser les prévisions initiales en 2025 en raison de la chute des prix du pétrole et d’une production inférieure aux attentes. Le FMI note que les revenus pétroliers, représentant environ deux tiers des recettes du gouvernement, ont chuté avec un baril Brent à 68,5 $ en juillet 2025, loin des 75 $ prévus. Les dépenses d’investissement, déjà sous-performantes, ajoutent à la pression budgétaire, tandis que les subventions aux carburants rapportent moins que prévu (0,6 % du PIB au lieu de 2 %).
En 2024, le Nigeria avait réduit son déficit grâce à une meilleure collecte des taxes non pétrolières et une dépréciation du naira, mais ces gains s’essoufflent. Les paiements d’intérêts, qui absorbent plus de 100 % des revenus fédéraux, et les hausses des salaires publics aggravent la situation. Avec un PIB projeté à environ 500 milliards $ en 2025, un déficit de 4,7 % équivaut à plus de 23 milliards $, un fardeau difficile à financer dans un climat d’incertitude mondiale.
Pour contenir le déficit budgétaire du Nigeria, le FMI prône une politique budgétaire neutre, limitant les dépenses non essentielles et privilégiant les projets à fort impact. Il insiste sur l’exploitation totale des économies des subventions aux carburants (jusqu’à 2 % du PIB si bien gérées) et l’accélération des réformes fiscales, comme la modernisation de la TVA et de l’impôt sur les sociétés. Ces mesures pourraient élargir l’assiette fiscale, mais leurs effets tarderont, obligeant à des coupes immédiates dans les dépenses récurrentes.
Si le gouvernement promet des ajustements au budget 2025 d’ici septembre, des experts doutent de sa capacité à réduire les dépenses, historiquement mal exécutées, notamment pour les infrastructures. La dette publique, atteignant 53 % du PIB en 2024, et les taux d’intérêt domestiques à deux chiffres compliquent le refinancement. Certains sur X estiment que le FMI sous-estime l’impact des chocs pétroliers, suggérant un déficit potentiellement supérieur à 5 % si les prix chutent davantage, un risque que les données officielles minimisent.
Face à l’instabilité des prix du pétrole et aux défis internes, le Nigeria doit diversifier ses revenus et renforcer sa résilience. Sans révision urgente du budget et une gestion rigoureuse, le pays risque une crise financière, aggravée par l’inflation (23,7 % en avril 2025) et la pauvreté croissante, touchant plus de 40 % de la population.










































