Le Kenya veut accélérer la transformation de ses ressources biologiques en leviers de croissance et d’industrialisation. Le pays a officiellement lancé, le mardi 25 août 2026, sa Stratégie nationale pour la bioéconomie 2026-2036, une feuille de route décennale destinée à faire du pays un pôle majeur d’innovation dans ce domaine en Afrique.
Présentée par le Premier ministre Musalia Mudavadi, cette stratégie entend rapprocher la recherche scientifique, l’innovation et la production afin d’accroître la valeur ajoutée créée localement dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, la santé, l’énergie, l’industrie manufacturière et les biotechnologies.
Transformer les ressources biologiques en valeur ajoutée
Pour Nairobi, le développement de la bioéconomie répond à un double objectif : renforcer la croissance économique tout en améliorant la résilience du pays face aux changements climatiques.
La stratégie vise notamment à réduire la dépendance du Kenya à l’exportation de matières premières en favorisant leur transformation sur le territoire national. Cette orientation doit également contribuer à créer de nouvelles opportunités économiques et professionnelles pour la jeunesse.
L’ambition affichée par le gouvernement est de transformer les résultats de la recherche en solutions concrètes, l’innovation en activités entrepreneuriales et les ressources biologiques du pays en nouvelles sources de prospérité.
Des infrastructures pour renforcer les chaînes de valeur
La mise en œuvre de cette stratégie intervient dans un contexte où le Kenya reste confronté à plusieurs défis structurels. Parmi ceux-ci figurent la vulnérabilité au changement climatique, le déficit d’infrastructures de transformation et le manque de compétences scientifiques spécialisées.
Pour y répondre, le gouvernement mise notamment sur le développement d’infrastructures industrielles. 47 parcs industriels et d’agrégation de comtés (CAIPs) sont ainsi déployés afin de favoriser la transformation locale des productions et de rapprocher les capacités industrielles des bassins de production.
Cette politique s’inscrit dans le cadre du programme Bottom-Up Economic Transformation Agenda (BETA), qui prévoit d’augmenter la contribution de l’industrie manufacturière au PIB de 7 % actuellement à 15 % en 2027, puis à 20 % en 2030.
La recherche et les bio-entrepreneurs au cœur du dispositif
Le développement de la bioéconomie repose également sur le renforcement des capacités scientifiques et entrepreneuriales du pays.
Dans ce cadre, le programme Bio-KE 2025-2029, soutenu par l’Union européenne, vise à consolider les compétences académiques et à structurer davantage l’écosystème des entreprises spécialisées dans la bioéconomie.
Le National Research Fund (NRF) étudie également la création de chaires universitaires dédiées à des domaines tels que la sécurité alimentaire et la bioéconomie. Le dispositif national prévoit par ailleurs que ce fonds soit alimenté chaque année à hauteur de 2 % du PIB.
Un pari sur l’industrialisation durable
Avec cette stratégie décennale, le Kenya entend donc faire de la bioéconomie davantage qu’un secteur émergent. Le pays cherche à l’intégrer à sa politique d’industrialisation en reliant plus étroitement science, innovation, agriculture et production industrielle.
L’enjeu sera désormais de transformer cette feuille de route en investissements, en capacités de production et en entreprises capables de valoriser durablement les ressources biologiques du pays, tout en créant davantage de valeur sur le marché intérieur.







