La Banque centrale du Kenya (CBK) s’apprête à franchir une étape majeure dans la régulation du crédit. Pour la première fois, tous les prêteurs sans dépôt seront placés sous sa supervision, comblant ainsi un vide réglementaire sur un marché du crédit en forte expansion.
Selon le projet de réglementation, toute entreprise fournissant uniquement du crédit — et disposant d’un capital, d’emprunts ou d’un portefeuille de prêts d’au moins 20 millions KES (environ 155 000 dollars) — devra obtenir une licence de la CBK. Les acteurs plus modestes devront quant à eux s’enregistrer officiellement auprès de l’autorité monétaire.
Une période transitoire de six mois est prévue après la publication de la loi pour permettre aux opérateurs de se conformer aux nouvelles exigences.
Les règles viseront un large éventail d’acteurs :
Les services « Achetez maintenant, payez plus tard » (BNPL)
Les opérateurs de location-vente
Les garants de crédit
Les plateformes de prêts entre particuliers (P2P)
Les prêteurs à la carte
Les entreprises titulaires d’une licence devront respecter des obligations strictes en matière de transparence : divulgation de la structure de propriété, des sources de financement, des modèles de tarification, des politiques de gestion du risque de crédit et des mesures de sécurité des données.
Les prêteurs numériques déjà agréés conserveront leur licence actuelle, tandis que les demandes en cours seront réexaminées selon les nouvelles règles.
Pour la CBK, cette révision vise à :
Harmoniser les pratiques de prêt
Renforcer la protection des consommateurs
Lutter contre la sous-déclaration de capital dans un secteur qui reposait jusqu’ici largement sur l’autorégulation
Cette réforme marque un tournant pour l’écosystème du crédit kényan, qui a connu une croissance rapide mais parfois anarchique. En encadrant davantage les acteurs, la CBK espère instaurer un climat de confiance et de stabilité dans le secteur financier.









































