Afrique : une performance toujours en retrait à l’échelle mondiale
Selon l’édition 2025 de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) élaboré par Transparency International, l’Afrique demeure la région la moins performante au monde. Sur 182 pays évalués, seuls quatre États africains obtiennent un score supérieur à 50 sur 100 : Seychelles, Cap-Vert, Botswana et Rwanda.
En revanche, 16 pays ont vu leur note régresser par rapport à l’édition 2024, soulignant la persistance des défis liés à la gouvernance et à la transparence des fonds publics.
Le top 10 africain à l’IPC 2025
- Seychelles : 68 points, 24e rang mondial
- Cap-Vert : 62 points, 35e rang mondial
- Botswana & Rwanda : 58 points, ex aequo 41e rang mondial
- Maurice : 54 points, 61e rang mondial
- Namibie & Sénégal : 53 points, 65e rang mondial
- Bénin & Sao Tomé & Principe : 52 points, 70e rang mondial
- Côte d’Ivoire & Ghana : 50 points, 76e rang mondial
À l’inverse, les scores les plus faibles concernent le Soudan (14), l’Érythrée (13), la Libye (13), la Somalie (9) et le Soudan du Sud (9).
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Tendances et évolutions régionales
Les meilleures progressions par rapport à 2024 sont enregistrées par le Maroc, le Gabon et la Guinée équatoriale (+2 points chacun). Les régressions les plus marquées concernent Seychelles, Mozambique et Eswatini (-4 points) ainsi que Namibie, Côte d’Ivoire, Niger et Maurice (-3 points).
Ces variations illustrent la fragilité des acquis en matière de lutte contre la corruption et la nécessité de renforcer la gouvernance dans plusieurs pays africains.
Une aggravation globale préoccupante
Sur le plan mondial, la corruption s’aggrave également. Pour la première fois depuis plus d’une décennie, la moyenne mondiale de l’IPC a chuté à 42 points sur 100, et 122 pays sur 182 obtiennent un score inférieur à 50.
Même des démocraties établies comme les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France et la Suède affichent une dégradation de la perception de la corruption.
À Madagascar, les manifestations de la génération Z en octobre 2025 ont illustré les conséquences sociales d’une corruption persistante, incluant le détournement de fonds publics et l’accès limité aux services essentiels.
Conclusion : un défi pour l’Afrique et le monde
La situation en Afrique met en évidence l’urgence d’instaurer des institutions plus transparentes, de renforcer l’intégrité politique et de protéger les populations vulnérables. Malgré quelques succès, comme ceux des Seychelles ou du Rwanda, le continent doit intensifier ses efforts pour combattre la corruption, promouvoir la responsabilité des dirigeants et sécuriser l’accès aux services publics essentiels.







