L’Institut d’études fiscales (IFS) a récemment mis en garde le gouvernement ghanéen, soulignant qu’il est prématuré de célébrer des réalisations économiques, malgré des signes d’amélioration sur le plan macroéconomique. Selon l’IFS, l’économie du Ghana reste fragile, avec des défis considérables à surmonter.
Cette mise en garde intervient après la présentation du ministre des Finances, Mohammed Amin Adam, lors de la revue du budget de mi-année 2024. Le ministre avait mis en avant des indicateurs positifs tels qu’un ralentissement de l’inflation et une réduction du déficit, considérés comme des signes de reprise.
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Cependant, le directeur exécutif de l’IFS, le Dr Said Boakye, a exprimé des préoccupations lors d’une conférence de presse le 14 août 2024. Il a souligné que bien que certains indicateurs économiques aient montré des signes de stabilisation, ils restent bien en deçà des moyennes historiques. « L’économie reste faible et fragile, et ce n’est pas le moment de se réjouir, mais de rester vigilant », a-t-il déclaré. Il a ajouté que le gouvernement ne doit pas adopter une attitude complaisante, mais plutôt faire preuve de prudence dans ses choix politiques, en particulier à l’approche des élections.
Le Dr Boakye a également rappelé que l’inflation, bien qu’ayant ralenti à 22,8 % en juin 2024, reste élevée par rapport aux taux à un chiffre enregistrés entre 2010 et 2012. Ces niveaux, selon lui, ne sont pas idéaux pour la stabilité économique du pays.
L’IFS a également averti que les allègements de la dette résultant de la récente restructuration sont temporaires. Le gouvernement doit donc s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité budgétaire pour garantir des améliorations durables. Cela inclut des mesures pour améliorer la génération de recettes, réduire les rigidités budgétaires excessives, lutter contre la corruption, et éviter les dépenses dictées par des considérations politiques.
En outre, l’IFS a appelé le gouvernement à accélérer la révision promise des programmes phares dans le cadre du programme du FMI. Cette révision est jugée essentielle pour renforcer la position budgétaire et faciliter une reprise macroéconomique plus robuste.







