Guinée-Vietnam : un nouveau partenariat autour de Simandou 2040
La Guinée et le Vietnam veulent donner une nouvelle dimension à leur coopération bilatérale. Une visite de travail du ministre guinéen du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismael Nabé, à Hanoï a débouché sur la signature d’un protocole d’accord destiné à renforcer les échanges économiques, institutionnels et technologiques entre les deux pays.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans une relation ancienne, marquée par une proximité politique entre Conakry et Hanoï. Les deux pays souhaitent désormais davantage orienter cette coopération vers la transformation économique, l’investissement et la création de valeur.
Simandou 2040 au cœur du rapprochement
Les discussions ont notamment porté sur les convergences entre Simandou 2040, la vision de développement à long terme de la Guinée, et Vietnam 2045, le projet stratégique du Vietnam.
Les deux cadres accordent une place importante à l’industrialisation, au développement des infrastructures, à l’amélioration du capital humain, à l’innovation, à l’agriculture et à la création d’emplois.
Dans ce contexte, le Vietnam a exprimé son soutien aux cinq piliers de Simandou 2040. La coopération pourrait notamment concerner la planification stratégique, le suivi et l’évaluation des politiques publiques, les statistiques, l’énergie, l’éducation, l’eau, l’agriculture et la lutte contre le changement climatique.
Le protocole d’accord prévoit également un renforcement des échanges d’expertise entre les administrations des deux pays, avec notamment l’objectif de contribuer à la modernisation du système statistique guinéen et au renforcement des capacités nationales de planification.
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Des entreprises vietnamiennes attendues en Guinée
Au-delà de la coopération institutionnelle, Conakry souhaite attirer davantage d’investissements vietnamiens. Une délégation d’entreprises vietnamiennes devrait ainsi se rendre en Guinée afin d’examiner les opportunités offertes dans plusieurs secteurs.
Parmi les domaines identifiés figurent l’extraction et la transformation de la bauxite et du minerai de fer, les télécommunications, les infrastructures et l’agriculture.
Pour la Guinée, l’enjeu est de favoriser une coopération capable de générer des investissements productifs, des transferts de technologies, des emplois et davantage de valeur ajoutée locale.
Cette orientation rejoint notamment les ambitions liées au projet Simandou, qui vise à faire des ressources minières un levier plus large de transformation économique et industrielle.
Un rapprochement entre l’Afrique de l’Ouest et l’ASEAN
Les deux pays envisagent également leur partenariat sous un angle commercial plus large.
Le Vietnam pourrait servir de point d’accès aux marchés de l’ASEAN pour les entreprises et produits guinéens. De son côté, la Guinée entend se positionner comme une porte d’entrée pour les entreprises vietnamiennes souhaitant accéder au marché ouest-africain.
Cette perspective pourrait favoriser le développement de nouveaux flux commerciaux et d’investissements entre l’Asie du Sud-Est et l’Afrique de l’Ouest.
Elle ouvre également des possibilités de coopération dans les chaînes de valeur régionales, notamment dans les secteurs industriels et agricoles.
L’agriculture, autre axe prioritaire
L’agriculture figure parmi les secteurs dans lesquels l’expérience vietnamienne pourrait être mise à contribution.
Hanoï est notamment disposé à partager son expertise dans les filières du riz, du café, du poivre et de la noix de cajou, ainsi que dans la production, la transformation, la conservation et la commercialisation des produits agricoles.
Pour Conakry, cette coopération présente un intérêt stratégique dans le cadre de sa volonté de renforcer la production agricole et l’agro-industrie.
L’objectif est de favoriser non seulement l’augmentation de la production, mais également la transformation locale des matières premières, l’amélioration de l’accès aux marchés et la création de chaînes de valeur plus structurées.
Transformer les accords en investissements
Avec ce nouveau protocole, la Guinée et le Vietnam cherchent ainsi à faire évoluer leur relation d’une coopération essentiellement institutionnelle vers un partenariat davantage tourné vers les investissements et le développement des capacités productives.
La réussite de cette nouvelle étape dépendra toutefois de la capacité des deux pays à transformer les engagements annoncés en projets concrets, notamment dans l’industrie, l’agriculture, les infrastructures et les technologies.
Pour Conakry, le partenariat avec Hanoï pourrait ainsi contribuer à mobiliser l’expertise et les capitaux nécessaires à la mise en œuvre de plusieurs ambitions de Simandou 2040, tout en diversifiant les partenaires économiques du pays.
Pour le Vietnam, la Guinée représente de son côté une opportunité d’accéder à un marché ouest-africain en croissance et de renforcer ses liens économiques avec le continent africain.








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