Guinée : 43 projets publics passés au crible pour renforcer la gouvernance des investissements
La Guinée a lancé la quatrième édition de l’évaluation à mi-parcours des contrats de performance des projets et programmes d’investissement public. Organisé depuis 2023, cet exercice vise à mesurer les résultats obtenus par les projets financés sur ressources extérieures et à renforcer l’efficacité de la gestion des investissements publics. Cette édition 2026 revêt une importance particulière, puisqu’elle s’inscrit dans la mise en œuvre du Programme stratégique et transformateur Simandou 2040, considéré comme la nouvelle feuille de route du développement économique du pays.
Une réforme pour améliorer la performance des investissements publics
L’évaluation est conduite par le Comité de suivi et d’évaluation des contrats de performance des projets d’investissement public, présidé par le secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, Dr Mamoudou Touré.
Le comité réunit des représentants de la Primature, des ministères sectoriels, de la Direction générale des investissements publics ainsi que des experts des partenaires techniques et financiers. Pendant deux semaines, il auditionnera les responsables des unités de gestion des projets (UGP) afin d’évaluer le respect des engagements contenus dans les contrats de performance.
L’objectif est de vérifier que les ressources mobilisées sont utilisées de manière efficiente et produisent des résultats concrets en matière de développement économique, de création d’emplois et d’amélioration des services publics.
Simandou 2040 au cœur de l’évaluation 2026
Cette quatrième édition intervient dans un contexte marqué par le lancement opérationnel du Programme Simandou 2040, qui constitue désormais le principal cadre stratégique de développement de la Guinée.
Les autorités souhaitent ainsi s’assurer que les projets financés par les partenaires internationaux contribuent efficacement aux priorités définies dans ce programme et répondent aux attentes des populations.
Pour Dr Mamoudou Touré, président du comité technique de suivi, cette revue doit renforcer la redevabilité dans la gestion des investissements publics.
« La revue des contrats de performance vise à renforcer la performance du portefeuille des projets et à développer la redevabilité par rapport à l’action publique. Chaque franc mobilisé doit impacter le développement du pays et le quotidien des populations. Chaque projet devient ainsi un engagement de l’État envers le citoyen », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que cette évaluation permettra également d’identifier les difficultés rencontrées afin d’apporter les mesures correctives nécessaires à la bonne exécution des projets.
Quarante-trois projets financés par les partenaires internationaux
L’exercice concerne 43 projets et programmes financés par plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment :
- la Banque mondiale ;
- la Banque africaine de développement (BAD) ;
- la Banque islamique de développement (BID) ;
- la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) ;
- l’Agence française de développement (AFD) ;
- le Fonds international de développement agricole (FIDA).
Les évaluations porteront notamment sur :
- la mise en œuvre des contrats de performance ;
- l’exécution des plans de travail et budgets annuels (PTBA) ;
- l’état d’avancement des plans de passation des marchés (PPM) ;
- le niveau des décaissements ;
- la gestion financière ;
- la qualité du suivi-évaluation ;
- l’atteinte des objectifs de développement assignés à chaque projet.
À l’issue de chaque audition, le comité attribuera une notation aux différents indicateurs de performance ainsi qu’une appréciation globale du portefeuille concerné.
Les unités de gestion réaffirment leur engagement
Au nom des responsables des unités de gestion des projets, Dr Robert Condé a salué cette démarche qu’il considère comme un outil essentiel d’amélioration de la gouvernance publique.
Il a réaffirmé l’engagement des équipes de projets à respecter les délais d’exécution, à améliorer la qualité des acquisitions et à renforcer la performance globale des programmes financés.
De son côté, Mohamed Camara, directeur général adjoint des Investissements publics, a rappelé que cette réforme constitue un levier majeur pour optimiser l’utilisation des ressources publiques.
Selon lui, l’évaluation régulière des contrats de performance permet de maximiser l’impact économique et social des investissements tout en améliorant la gouvernance des finances publiques.
Plusieurs projets d’infrastructures examinés dès la première journée
Les travaux ont débuté par l’examen de plusieurs projets structurants, parmi lesquels :
- le Projet d’amélioration de l’accès à l’électricité en Guinée (PAAEG) ;
- le Projet d’interconnexion électrique Guinée-Mali (PIEGM) ;
- le Projet de ligne à haute tension Manéah-Linsan ;
- le Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Niger (PIDACC-BN) ;
- le Projet Eau et Assainissement de Guinée (PEAG).
À travers cette revue, les autorités guinéennes entendent renforcer la gouvernance des investissements publics, améliorer l’efficacité des projets financés par les partenaires internationaux et faire des dépenses d’investissement un véritable levier de transformation économique dans le cadre de Simandou 2040.







