Gabon : la tenue africaine devient obligatoire chaque vendredi dans l’administration publique
Le gouvernement du Gabon poursuit sa politique de valorisation culturelle. Réuni en Conseil des ministres sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguéma, l’exécutif a adopté un projet de décret rendant obligatoire le port de la tenue africaine chaque vendredi au sein de l’administration publique.
Cette mesure s’inscrit dans l’application de l’article 95 de la Constitution et vise à promouvoir l’identité culturelle nationale tout en soutenant l’industrie textile locale.
Une mesure pour valoriser l’identité culturelle gabonaise
Avec cette décision, les autorités gabonaises entendent faire de l’administration publique un espace d’expression du patrimoine culturel national.
L’objectif affiché est double :
• renforcer la promotion des valeurs culturelles gabonaises ;
• encourager la consommation de textiles africains et locaux.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation des symboles culturels nationaux.
Les tenues autorisées pour les agents publics
Le décret précise les types de tenues acceptées.
Pour les hommes :
• pantalon et chemise en pagne portés sans cravate, avec chaussures fermées ;
• ensemble deux-pièces confectionné dans un même tissu africain ;
• tenue en pagne, raphia ou wax à manches longues ;
• boubou long ;
• ensemble boubou et pagne.
Pour les femmes :
• grande robe brodée ;
• pagne corsage d’apparat ;
• foulard africain.
Ces vêtements devront être portés exclusivement chaque vendredi dans les administrations concernées.
Contrôle assuré par les responsables administratifs
Le respect de cette nouvelle obligation sera supervisé par les responsables hiérarchiques, notamment :
• chefs de service ;
• directeurs ;
• directeurs généraux.
Ces derniers seront chargés de veiller à l’application effective de la mesure au sein des administrations.
Des exceptions prévues pour certains corps professionnels
Certaines catégories professionnelles ne sont pas concernées par cette nouvelle disposition.
Il s’agit notamment :
• des forces de défense et de sécurité ;
• des agents appartenant à des corps d’État soumis à un uniforme réglementaire prévu par les textes en vigueur.
Ces exceptions tiennent compte des exigences spécifiques liées à leurs fonctions.
Une pratique déjà présente dans certaines institutions
Le port de la tenue africaine n’est pas totalement inédit au Gabon. Dans plusieurs administrations et structures privées, cette pratique était déjà observée de manière informelle ou institutionnalisée.
Le décret vient ainsi harmoniser et généraliser cette dynamique à l’échelle de l’administration publique.
Une stratégie plus large de restauration culturelle
Cette décision intervient après le lancement par les autorités d’un concours national de création d’une tenue traditionnelle officielle destiné aux stylistes et modélistes.
À travers ces initiatives, le gouvernement cherche à :
• renforcer l’identité nationale ;
• soutenir les créateurs locaux ;
• promouvoir les savoir-faire textiles gabonais.
Cette politique traduit la volonté des autorités de repositionner la culture comme levier d’affirmation nationale et de développement économique.
Avec cette réforme, le Gabon mise sur l’administration publique comme vitrine de son patrimoine culturel tout en stimulant la filière locale de l’habillement et du textile africain.







