Gabon : la pauvreté continue de progresser malgré une inflation maîtrisée
Le taux de pauvreté au Gabon a atteint 33,1 % en 2025, contre 32,8 % un an plus tôt, selon les dernières Perspectives économiques en Afrique publiées par la Banque africaine de développement. Cette légère hausse met en évidence les difficultés persistantes du pays à améliorer durablement les conditions de vie d’une part importante de sa population, malgré un environnement inflationniste relativement stable.
Avec une inflation limitée à 1,8 % en 2025, les bénéfices de la croissance économique peinent encore à se répercuter sur les ménages. La progression du PIB par habitant est restée modeste, à seulement 0,6 %, limitant ainsi les effets positifs sur le niveau de vie des populations.
Une croissance économique en ralentissement
La hausse de la pauvreté intervient dans un contexte de ralentissement de l’activité économique. Selon la BAD, la croissance du PIB gabonais est passée de 3,4 % en 2024 à 2,7 % en 2025.
Cette décélération est principalement liée aux performances mitigées des secteurs pétrolier, minier, forestier et des transports, qui demeurent des piliers essentiels de l’économie nationale. Bien que les activités de construction, les industries manufacturières et certains segments des services aient enregistré des résultats encourageants, leur contribution n’a pas été suffisante pour compenser les difficultés des secteurs traditionnels.
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Un marché de l’emploi toujours sous pression
Le marché du travail continue également de refléter les fragilités structurelles de l’économie gabonaise. Le taux de chômage s’est établi à 20,2 % en 2025, un niveau particulièrement élevé qui touche davantage certaines catégories de la population.
Les jeunes restent les plus affectés avec un taux de chômage de 36,3 %, tandis que celui des femmes atteint 28,6 %. Cette situation limite la capacité de nombreux ménages à améliorer leurs revenus et contribue à l’enracinement de la pauvreté.
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Des équilibres macroéconomiques fragilisés
Au-delà des défis sociaux, le rapport de la BAD met en lumière une détérioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques. Le déficit budgétaire s’est creusé pour atteindre 5,3 % du PIB, tandis que la dette publique représente désormais 78,9 % du PIB.
La balance courante, auparavant excédentaire, a basculé dans le rouge avec un déficit de 1,5 % du PIB, sous l’effet d’une baisse marquée des exportations. Cette évolution réduit les marges de manœuvre financières de l’État et complique le financement des programmes sociaux destinés aux populations les plus vulnérables.
La diversification économique comme priorité
Face à cette situation, la BAD estime que le Gabon doit accélérer la transformation de son modèle économique afin de réduire sa dépendance aux secteurs extractifs et créer davantage d’emplois durables.
L’institution souligne que seule une croissance plus forte et plus inclusive, soutenue par des investissements productifs, une meilleure diversification économique et des politiques sociales ciblées, permettra d’inverser durablement la progression de la pauvreté.
Pour le pays, l’enjeu consiste désormais à transformer les opportunités offertes par les secteurs industriels, les infrastructures et les services en moteurs de création de richesse capables de profiter à une plus large partie de la population et de réduire les inégalités persistantes.







