France et les Pays-Bas renforcent leur alliance pour bâtir une industrie européenne plus souveraine
Face à l’intensification de la concurrence mondiale et aux tensions géopolitiques, la France et les Pays-Bas affichent une ambition commune : accélérer la construction d’une industrie européenne plus compétitive, innovante et souveraine. Les deux pays ont signé une déclaration conjointe visant à renforcer les chaînes d’approvisionnement, développer les technologies critiques et soutenir le « Made in Europe ».
Le 29 juin 2026, à l’occasion d’une visite sur le site de LeydenJar, entreprise néerlandaise spécialisée dans les batteries électriques, le ministre français délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, et la ministre néerlandaise des Affaires économiques et du Climat, Heleen Herbert, ont signé une déclaration conjointe réaffirmant leur volonté de renforcer la coopération industrielle entre leurs deux pays.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité du Pacte franco-néerlandais pour l’innovation et la croissance durable signé en avril 2023 lors de la visite d’État du président Emmanuel Macron aux Pays-Bas, puis consolidé dans le cadre de l’Année économique franco-néerlandaise 2025.
Une réponse aux nouveaux défis industriels mondiaux
Dans un environnement marqué par la montée des rivalités économiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la course aux technologies stratégiques, Paris et La Haye estiment que l’Europe doit accélérer sa réindustrialisation afin de préserver sa compétitivité et son autonomie.
Les deux gouvernements entendent notamment :
- renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement européennes ;
- réduire les dépendances stratégiques vis-à-vis des fournisseurs extérieurs ;
- faire progresser l’agenda européen de sécurité économique ;
- promouvoir une politique industrielle favorisant la production locale et la décarbonation compétitive ;
- accélérer le développement des technologies critiques dans les batteries, les semi-conducteurs, l’énergie et le numérique ;
- faire du marché unique un véritable levier de puissance économique et industrielle.
Les technologies critiques au cœur de la stratégie commune
Les deux ministres souhaitent renforcer le leadership européen dans plusieurs secteurs considérés comme essentiels à la souveraineté économique du continent.
Les batteries électriques, les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, le cloud, les biotechnologies, les industries de défense ainsi que les matières premières critiques figurent parmi les priorités identifiées. L’objectif est de favoriser une commercialisation plus rapide des innovations développées en Europe et de sécuriser les chaînes de valeur industrielles.
Cette stratégie s’inscrit dans la dynamique impulsée par les rapports Draghi, Letta et Wennink, qui appellent à un renforcement des capacités industrielles européennes afin de faire face à la concurrence des États-Unis et de la Chine.
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Un plaidoyer pour une politique industrielle européenne plus ambitieuse
Au-delà de la coopération bilatérale, Paris et Amsterdam plaident pour une évolution de la politique industrielle de l’Union européenne.
Les deux pays souhaitent davantage d’investissements stratégiques, un environnement réglementaire plus favorable aux entreprises, une simplification administrative ainsi que des conditions de concurrence équitables face aux grandes puissances économiques.
Ils défendent également une préférence européenne plus affirmée dans les secteurs stratégiques afin de soutenir le développement de champions industriels capables de rivaliser à l’échelle mondiale.
Le « Made in Europe » comme levier de compétitivité
Pour Sébastien Martin, la compétitivité européenne passe désormais par le renforcement des capacités de production locales.
« La France et les Pays-Bas portent une même ambition, celle de faire de l’Europe le territoire le plus attractif pour innover, produire et industrialiser. Soutenir le « Made in Europe » est un gage de compétitivité, de souveraineté et de prospérité pour les Européens », a déclaré le ministre français.
De son côté, Heleen Herbert estime que la stratégie industrielle européenne doit évoluer pour répondre aux nouvelles réalités géopolitiques.
Selon la ministre néerlandaise, l’Union européenne doit accélérer ses investissements dans les technologies de pointe, renforcer son autonomie stratégique et consolider sa position dans les secteurs clés tels que les semi-conducteurs, les batteries, l’intelligence artificielle, les biotechnologies et les matières premières critiques.
Par cette déclaration commune, la France et les Pays-Bas affichent ainsi leur volonté de jouer un rôle moteur dans la définition d’une nouvelle politique industrielle européenne, fondée sur l’innovation, la souveraineté technologique et une croissance durable.







