Fitch Ratings a confirmé la note de défaut émetteur à long terme de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) à « BBB » tout en relevant sa perspective de négative à stable, dans une analyse publiée le 17 avril 2025. Cette décision repose sur une amélioration des indicateurs de performance, notamment une réduction des prêts non performants et une gestion proactive du bilan dans un contexte régional encore marqué par des incertitudes géopolitiques.
La notation attribuée à la BOAD découle de son profil de crédit autonome (SCP) évalué à « bbb », reflétant un équilibre entre des notations solides de solvabilité et de liquidité, contrebalancées par un ajustement pour risque lié à un environnement d’exploitation jugé à haut risque. Fitch reconnaît cependant une gestion prudente, notamment en matière de liquidité, évaluée à « a », et une capitalisation jugée forte, avec un ratio de fonds propres sur actifs de 31,9 % en 2024.
La révision de la perspective repose essentiellement sur la reprise des paiements souverains. Le Niger, qui représentait 9,3 % des prêts de la BOAD, a régularisé ses arriérés après la levée des sanctions de la CEDEAO en février 2024. De son côté, la Guinée-Bissau (5,4 % des prêts) a repris ses paiements selon des conditions révisées. Cela a permis à Fitch de réviser à la baisse le risque de crédit de la banque, désormais considéré comme modéré, avec un taux de prêts non performants tombé à 2,5 % en 2024.
En parallèle, la BOAD poursuit sa stratégie d’optimisation de bilan. En 2025, elle a lancé une obligation hybride durable de 500 millions USD sur 30 ans, considérée à 50 % comme des fonds propres par Fitch. D’autres outils de gestion du risque ont été activés, dont une assurance-crédit sur les prêts non souverains et une nouvelle titrisations pilote, renforçant sa position de capital.
Malgré ces avancées, Fitch a revu à la baisse l’évaluation du statut de créancier privilégié (PCS) de la BOAD, de « fort » à « modéré », en raison du reprofilage de l’exposition à la Guinée-Bissau. Cette décision n’a cependant pas d’incidence immédiate sur la note globale, car les souverains restent performants selon les normes IFRS.
Du côté des perspectives régionales, le contexte reste fragile. Le retrait annoncé du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la CEDEAO crée un environnement politique tendu. Toutefois, Fitch souligne que ce retrait ne remet pas en cause l’engagement de ces pays au sein de l’UEMOA, un facteur crucial pour la BOAD.
Concernant les perspectives d’amélioration de la note, Fitch indique qu’une réduction durable du taux de NPL sous 1 %, une hausse du ratio de capitalisation au-delà de 35 % ou une amélioration du statut de créancier privilégié pourraient permettre un relèvement de la notation à l’avenir. À l’inverse, un accroissement du risque de crédit, des restructurations supplémentaires ou une détérioration du cadre opérationnel pourraient entraîner une dégradation.
Enfin, Fitch attribue un score ESG de 4+ à la BOAD pour son rôle social et politique dans la région, en raison de son accès unique au guichet de refinancement de la BCEAO et de sa mission d’intégration régionale à travers des prêts concessionnels.







