Le 9 février 2026, Lomé a accueilli une rencontre régionale stratégique consacrée à la fiscalité verte, réunissant des responsables des finances publiques et de l’environnement de huit pays africains.
Organisée par la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), en partenariat avec le Forum des administrations fiscales de l’Afrique de l’Ouest (FAFAO), cette session de cinq jours vise à accélérer l’intégration des instruments fiscaux verts dans les politiques économiques nationales.
Huit pays mobilisés pour une fiscalité climatique renforcée
Des experts venus du Togo, de la Gambie, du Rwanda, de Djibouti, de Ouganda, de la Mauritanie, de la République démocratique du Congo et de la République centrafricaine participent aux travaux.
L’objectif est clair : renforcer les capacités techniques des administrations afin de concevoir, mettre en œuvre et évaluer des politiques fiscales intégrant les impératifs climatiques. Les discussions portent notamment sur :
- Les instruments de fiscalité verte (taxe carbone, fiscalité environnementale sectorielle, incitations fiscales vertes)
- L’analyse d’expériences africaines et internationales
- L’identification de réformes adaptées aux réalités nationales
- Le développement d’outils pratiques pour piloter efficacement ces politiques
Le projet CADAST en soutien à la transition
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet CADAST, porté par l’ACBF en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD). Le programme vise à accompagner les États africains dans l’intégration des enjeux climatiques au sein de leurs politiques macroéconomiques.
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Selon Peguewinde Rodolphe Bance, chef de l’unité gouvernance économique et sociale de l’ACBF, cette rencontre fait suite à une étude analytique mettant en lumière plusieurs défis structurels :
- Capacités techniques insuffisantes pour élaborer des instruments fiscaux verts performants
- Contraintes administratives et faiblesse de la conformité fiscale
- Lacunes en matière de données et d’outils d’analyse
- Manque d’articulation entre politiques fiscales, budgétaires et climatiques
Une pression budgétaire croissante liée au climat
Pour Mawussé Adetou Afidenyigba, directrice de cabinet du ministère de l’Économie et des Finances du Togo, la fiscalité verte s’impose désormais comme un impératif stratégique.
Les changements climatiques ne représentent plus un risque futur, mais une réalité économique immédiate qui exerce une pression croissante sur les budgets publics africains.
Dans ce contexte, le Togo a déjà engagé des réformes visant à renforcer la mobilisation des ressources internes, améliorer l’efficacité et l’équité du système fiscal, et aligner les politiques publiques sur les Objectifs de développement durable et la résilience climatique.
Les échanges de Lomé pourraient ainsi poser les bases d’une fiscalité plus écologique, mieux structurée et capable de concilier soutenabilité budgétaire et transition environnementale dans les économies africaines.







