Le financement climatique pour les réseaux électriques et le stockage d’énergie a franchi une nouvelle étape à la COP30. Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), accompagné de plusieurs institutions internationales, a validé un cadre commun destiné à accélérer les investissements dans les infrastructures électriques à travers le monde.
Cette décision est issue d’une session ministérielle organisée le 14 novembre 2025 à Belém, au Brésil, autour du thème : « Accélérer l’action sur les réseaux et le stockage : planification, financement, principes et solutions politiques ». L’événement était coordonné par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), la Global Coalition for Energy Planning (GCEP), l’Alliance Utilities for Net Zero (UNEZA), le Sustainable Business COP (SBCOP) et l’Initiative pour les réseaux verts (Green Grids Initiative, GGI).
Le nouvel ensemble de six « principes de financement climatique pour les réseaux » a été approuvé par un large éventail d’acteurs, dont :
la Banque africaine de développement,
la Banque interaméricaine de développement,
British International Investment,
la Banque de développement d’Afrique de l’Est,
Climate Bonds Initiative,
l’Institutional Investors Group on Climate Change,
l’Asia Investor Group on Climate Change,
la Global Renewables Alliance,
GridWorks,
l’UNEZA,
ainsi que le gouvernement du Royaume-Uni.
Ces institutions convergent vers une même vision : les réseaux électriques et les systèmes de stockage constituent l’infrastructure centrale de la transition énergétique propre. Comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, « il n’y a pas de transition sans transmission ». Pourtant, partout dans le monde, la demande en capacité de réseau progresse plus vite que les infrastructures existantes, tandis que les perturbations climatiques exacerbent les difficultés.
La montée en puissance des énergies renouvelables, combinée à la croissance de la demande liée aux véhicules électriques, au chauffage propre, aux centres de données et aux nouveaux usages industriels, accentue fortement la pression sur les systèmes de transmission et de stockage.
Dans ce contexte, Daniel Schroth, directeur du Département des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique de la BAD, a déclaré :
« Il est crucial d’augmenter de manière significative les flux de financement climatique vers les projets de transmission. La Banque africaine de développement soutient pleinement les principes développés par l’Initiative mondiale pour des réseaux électriques verts. »
L’Afrique subsaharienne présente l’un des plus grands besoins d’investissement au monde : près de 150 000 km de lignes de transmission manquent à l’appel. En Afrique du Sud seulement, 1 500 km de nouvelles lignes doivent être construites chaque année pour répondre à la demande.
Selon M. Schroth, le continent dispose d’un potentiel immense en énergies renouvelables, encore largement inexploité, dont l’essor dépendra d’investissements massifs dans les réseaux et le stockage.
Les panélistes ont rappelé que dans de nombreux pays émergents, plusieurs barrières freinent encore les projets : déficit de financement, cadres réglementaires complexes et perception élevée des risques. Les investissements n’ont pas suivi la croissance rapide de la demande en électricité ni l’expansion des énergies renouvelables.
Les participants appellent désormais à renforcer « de toute urgence » les environnements politiques, financiers et réglementaires pour accélérer la planification, la construction et l’exploitation de réseaux modernes.
M. Schroth a souligné l’importance de mobiliser davantage le secteur privé, notamment via des mécanismes de financement innovants. Il a cité en exemple le Fonds pour l’énergie durable en Afrique, un instrument de financement mixte de la BAD qui a déjà démontré son efficacité.
Cette session s’inscrit dans la continuité de l’Engagement mondial pour les réseaux et le stockage adopté lors de la COP29 à Bakou, marquant une étape décisive vers une transition énergétique globale plus rapide et plus fiable.







