À compter du 2 janvier 2026, les aliments destinés à la volaille seront soumis à une TVA de 18 %. Une décision budgétaire qui suscite une vive inquiétude au sein de la filière avicole, déjà confrontée à de fortes contraintes de coûts et de compétitivité.
Fin d’une exonération stratégique
Jusqu’ici exonérés, les aliments pour volailles intègrent désormais le champ de la TVA, conformément à l’annexe fiscale pour la gestion 2026. Cette mesure, maintenue malgré les négociations engagées, a été confirmée par Kindo Kouadio Armand, président de l’Interprofession avicole ivoirienne (INTRAVI).
« L’annexe fiscale pour la gestion de 2026 a finalement maintenu l’application de la TVA de 18 % sur l’aliment de la volaille à compter du 2 janvier 2026, malgré les discussions menées au sein de l’interprofession », a-t-il déclaré.
Cette décision s’inscrit dans le cadre du budget 2026 de l’État, arrêté à 17 350,2 milliards FCFA, et marque la suppression d’un mécanisme fiscal jugé crucial pour la stabilité de la production avicole.
Un impact direct sur les coûts de production
Sur le terrain, les aviculteurs redoutent une hausse significative des coûts, dans un secteur où l’alimentation représente près de 70 % des charges de production.
Pour Jean-Marc Kouadio, éleveur à Songon, la conséquence est inévitable :
« C’est un coup dur pour une filière où l’aliment constitue l’essentiel des coûts. Cette taxe va forcément se répercuter sur le prix de la volaille. »
Une augmentation des prix qui pourrait affecter à la fois les producteurs et les consommateurs, dans un contexte marqué par la sensibilité du pouvoir d’achat.
Une menace pour la production nationale
À Dabou, Arthur Esmel, également aviculteur, alerte sur les risques structurels de la mesure. Selon lui, la TVA pourrait fragiliser durablement la production locale, en ravivant le souvenir d’épisodes passés.
« Lors de la baisse des taxes sur les importations de volailles extra-CEDEAO, le kilogramme était tombé à 400 FCFA, ce qui avait affaibli les producteurs locaux. Avec cette TVA, beaucoup pourraient abandonner la filière », déplore-t-il.
La crainte d’un recul de la production nationale, au profit de produits importés souvent plus compétitifs, est largement partagée au sein du secteur.
La filière en quête de solutions
Face à cette situation, l’INTRAVI n’entend pas rester passive. Son président a annoncé de nouvelles démarches auprès des autorités, dans l’objectif de trouver une solution équilibrée qui préserverait à la fois les recettes de l’État et la viabilité de la filière avicole.
À quelques semaines de l’entrée en vigueur de la mesure, l’enjeu est désormais clair : éviter que cette réforme fiscale ne compromette une filière stratégique pour l’emploi, la sécurité alimentaire et la production nationale.



























