Électricité : la Mauritanie accélère le renforcement de son offre énergétique
Confrontée à un déficit d’accès à l’électricité touchant près de la moitié de sa population, la Mauritanie engage une montée en puissance de son système électrique afin de répondre à une demande en forte croissance, notamment à Nouakchott et dans les principaux centres urbains. Pour y parvenir, le pays mise sur une valorisation accrue de ses ressources locales, combinée à un recours renforcé aux financements privés.
Une stratégie fondée sur le gaz et les énergies renouvelables
La stratégie énergétique mauritanienne repose sur une mobilisation simultanée des ressources fossiles et renouvelables. Le gaz naturel produit localement, le solaire et l’éolien constituent les piliers de cette transformation, accompagnés d’un important programme de renforcement des infrastructures électriques.
Déjà dominante dans le mix énergétique national, l’énergie thermique est appelée à jouer un rôle central dans la sécurisation de l’approvisionnement à court et moyen terme. Les autorités ont ainsi confirmé l’avancement des travaux d’extension de la centrale thermique de Nouakchott, dont la capacité passera de 180 MW à 252 MW.
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Le gaz, moteur de la sécurité énergétique
Deux autres projets structurants basés sur le gaz naturel sont annoncés à moyen terme. Il s’agit notamment d’une centrale de 225 MW à Ndiago, alimentée par le gaz du champ GTA, déjà entré en production, ainsi que d’une centrale de 300 MW adossée au champ de Banda, dont l’exploitation est prévue à partir de 2028.
Ces projets visent à renforcer la sécurité énergétique du pays tout en accompagnant l’essor économique et démographique.
Les renouvelables montent en puissance
Parallèlement, les énergies renouvelables occupent une place de plus en plus stratégique dans le développement de l’offre électrique. En décembre 2025, la Mauritanie a lancé la construction d’une centrale hybride solaire et éolienne de 220 MW, intégrant un système de stockage de 370 MWh. Ce projet, entièrement financé par le secteur privé, viendra consolider une capacité renouvelable qui représente déjà 44,36 % du mix énergétique, selon le Pacte national de l’énergie élaboré dans le cadre de l’initiative Mission 300.
Des infrastructures au cœur de la transformation
Le renforcement des capacités de production s’accompagne d’un effort soutenu sur les infrastructures de transport et de distribution. Le gouvernement prévoit la réception, d’ici fin février, des équipements destinés à la ligne haute tension Nouakchott–Zouerate, dont la mise en service est annoncée pour 2026. Les autorités ont également annoncé le lancement des appels d’offres pour la liaison Nouakchott–Néma, ainsi que des travaux de modernisation du réseau de distribution dans la capitale.
Objectif : l’accès universel à l’électricité d’ici 2030
Ces investissements s’inscrivent dans un contexte de croissance continue de la demande électrique et dans le cadre des engagements pris par la Mauritanie dans son Pacte national de l’énergie. Le pays ambitionne de fournir l’accès à l’électricité à 3,4 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030, afin d’atteindre un taux d’accès national de 100 %, contre 55 % actuellement.
Cette trajectoire repose également sur une hausse de la part des énergies renouvelables à 70 % du mix de production et sur une augmentation de la capacité installée de 66 % à l’horizon 2030, confirmant la volonté de la Mauritanie de bâtir un système électrique plus résilient, durable et attractif pour les investisseurs.







